Emmanuel Maubert, une voix

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Un hommage a été rendu, à Emmanuel Maubert, ce chroniqueur, que nous connaissions bien à France Info. Emmanuel est décédé brutalement, à l’âge de 51 ans, à la fin du mois de mai. Un vibrant Hommage au Père Lachaise. Sidération.

Sous la coupole, sidération. Les regards sont plantés dans le sol ou scrutent un diaporama ou encore, se cognent aux vitraux. La presse est là. 

Mais il y a surtout, ses bons potes, sa bande de "C à Vous", sur France 5. Au premier rang : Alessandra Sublet.  "J’ai cherché des photos d’Emmanuel, pour le diaporama…je n’en ai pas retrouvé une seule de toi, un peu sérieux. Pour nous tu étais Tata, notre Tata…"

Tata

Allessandra Sublet  se tourne vers un autre de la bande, Mathieu Noel. Elle se remémore alors, ces moments drôles, ou Emmanuel Maubert se déguisait. Ou se mettait carrément nu, pour des séquences hilarantes dans l’émission. Elle se repasse le film, d’une cuite au ti-punch, avec lui. "Tu as aimé ta vie, tu as aimé les hommes que tu voulais aimer, dit-elle, la gorge nouée. Je sais que tu es parti heureux"

Puis, elle se met à chanter, a cappella : "Emmanuel devant mes yeux, une vraie merveille…Emmanuel…" Un duo de journalistes, vient alors évoquer, ce colosse au grand cœur, ses yeux malicieux, son coffre, sa gourmandise historique. Et ce jour de train, pour Limoges.  "Tu avais mis un costume en paillettes, je me souviens du regard des gens…tout le monde riait".  "On devait se voir à ton retour de Cannes…"  Sous cette coupole, les gens tentent de rire. Mais rien ne sort. 

Ambiance hagarde

Emmanuel Maubert, parti si vite. A 51 ans, un problème cardiaque, en plein tournage, à Cannes. "J’ai cru à une petite alerte" , me dira, l’une de ses meilleurs amies. "Je me suis dit, bon il va faire un petit régime, se calmer et puis tout va rentrer dans l’ordre…"  Mais rien n’est rentré dans l’ordre.  On l’a plongé dans un coma artificiel. Puis, il en est sorti. Puis, il est mort. "Tout est allé si vite, on a pas eu le temps d’imaginer, qu’il pouvait partir pour toujours".   "Je l’avais vu récemment, il était très stressé, m’avouera une autre proche, en confidence. Il était chroniqueur, mais il n’était plus sous les feux de la rampe. Il n’était plus très visible… il cherchait d’autres projets. Il tournait comme un fauve en cage !"  Les feux de la rampe… de la télé. Et aussi, de la radio.  Ah, la radio ! 

Car il avait débuté à RMC, sur la Côte d’Azur. C’est là que je l’avais connu, face à la grande Bleue. Il avait ensuite atterri, ici, à France info, recruté pour la revue de presse. La bande des matinaliers, qu’on croise avec leurs têtes un peu enfarinées, un peu décalées. MauMau, toujours aimable, toujours courtois, souvent drôle. "On a découvert qu’il était connu" , vient dire une cousine. "Célèbre, sans qu’on le sache", raconte cette dame.  "On était 32 cousins dans la famille Maubert ! On se souvient de sa voix grave, ronde, chaude, rassurante. Il était  un honnête homme et il avait la voix, d’un chic type. malheureusement, les voix des défunts finissent toujours, par disparaitre" . Non, je ne trouve pas, chère et tendre cousine. Je pense qu’elles restent comme les odeurs, reconnues sur un chemin de campagne. Et qui s’incrustent, dans nos vies.  Comme les senteurs, devenues familières, avec le temps. Ta voix, tenace, Emmanuel, on la gardera

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