C'était comment ? Toi, femme, où en-es-tu de ta vie?

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Le magazine Elle organisait mardi un colloque sur les femmes. Une journée de débats, au Musée du quai Branly à Paris. Le thème : où en sont les femmes ? Nathalie Bourrus s'est régalé.

C’était… psychanalytique.

Une journée dans une salle blindée de nanas remontées comme des coucous, ça vous requinque mieux que (allez !) 10 séances chez votre psy.

C’est vrai ce que je vous dis là, parce que dans ce genre d’endroit, tout y passe et tout se dit. Finies les petites hypocrisies du jour, les basses mesquineries. Les tabous pour ne pas froisser machin, les sourires de circonstance pour avoir une augmentation.

"Et, vous vous en êtes où ?" C’est la question, que j’ai trainé dans ma besace, toute la journée. "Ben moi…heu… ca dépend à quel niveau"

Moi : "Tous les niveaux. De haut en bas." Elle rit. Puis, un peu moins.

"Je travaille dans le secteur de la santé. Ici, les femmes que vous voyez ont relativement de quoi vivre. Dans mon boulot, j’en vois de plus en plus qui survivent. La précarité, c’est un vrai truc qui s’est développé chez les femmes." 

Moi : "Oui je sais bien. Mais ce n’était pas ma question… je vous demandais ou, vous, vous en étiez"

Elle : "Ben…Heu.. Ça va à peu près"

Les dégâts du divorce 

Et elle repart sur, les autres, les plus pauvres. "On se rend pas compte des dégâts, après un divorce", me dit-elle. "Dans la majorité des cas, c’est la femme qui a la garde des enfants. A moins d’avoir un très bon salaire, c’est mission impossible de poursuivre la même carrière."

Moi : "Oui oui je sais bien… mais vous ?"

"On m’attend" me dit-elle. Et elle file.

Je me dirige vers 2 autres, qui discutent avec passion. "Et vous, mesdames, vous en êtes où ?" Silence. "Alors moi, j’essaie de pas trop y penser à ça."

Et elle éclate de rire.

Moi : "C’est si tragique ?"

Elle : "Hum…c’est pas mal dans le genre, ratage sur ratage." 

Elle rit encore. "Ben, sinon, j’en pleure", dit-elle. 

Moi : "Qu’est ce qui s’est passé ?"

Elle : "Ouolof, pas grand-chose, je suis vivante, mais j’ai l’impression de passer à côté de tout… on nous en demande trop, à nous les femmes…"

Comme sur un divan 

Moi : "Ce n’est pas vous, qui vous en imposez trop ?"

Elle : "Si, c’est un peu vrai." 

Sa copine, (qui ne sourit plus du tout) : "C’est trop facile de dire ça ! C’est pas nous, qui avons décidé de nous occuper de trouver les baby-sitters, de les chever, de faire tourner les machines le soir, et de faire à bouffer, et, en plus, de s’endormir en flippant parce qu’on a peur que ça roule pas !"

On se regarde. Regards auto accablés.  "On veut plaire à tout le monde. Il est là notre drame", me disent-elles, comme allongées sur le divan. On se regarde, de nouveau… Moment de sororité, joli moment.

Et là je me dis que, ce soir, (au moins ce soir) aucune machine à laver ne tournera.

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