C'était comment ? SOS Amitié lance un SOS

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SOS Amitié ouvre un nouveau centre d’appel, à Cachan, près de Paris. C’est son neuvième poste d’écoute. Eurêka.

C’était : le Père Noël est un député-maire. Remercié à l’envi, car il laisse ce lieu à Sos Amitié, pour y installer son neuvième poste. Dans cette petite maison, au fond d’une allée verte, le député maire socialiste de Cachan est heureux.

Heureux, comme un Père Noël. Mais, ici, le Père Noël (contrairement au film de Jean Marie Poiré… incroyable et inoubliable) n’est pas une ordure. Ici, Thérèse (Anémone dans le film) n’existe pas. Je rencontre Nicole.

Une dame, bénévole depuis 6 ans, charmante, qui m’explique une cruelle réalité. "Il y a plus de 100 000 appels par an, en région parisienne… un chiffre en recrudescence", me dit elle.

Moi : "Donc, vous avez de nombreux bénévoles…"

Elle : "Eh bien, non, et tout le problème est là…6 appels sur 7 restent sans réponse…"

Moi : "Hein ?"

Elle : "Par manque d’écoutants. On en manque considérablement". "Et ils font comment, ceux qui n’arrivent pas à vous joindre ?"

Elle : "Ils laissent un message ou ils rappellent plus tard"

Impossible de ne pas, me repasser, le film. "Allo, allo, je ne vous entends pas…appuyez sur le bouton, je vous dis, appuyez sur le bouton."

Avec un homme, qui à l’autre bout du fil, appuie sur la détente d’un pistolet, qu’il tient sur sa tempe. Dans la réalité, les écoutants passent un temps fou, avec les personnes tentées par le suicide.

"Il y a aussi des écoutes par chat, explique le directeur de l’association en Île-de-France, avec des tableaux projetés sur le mur, des jeunes nous appellent. 20% d’entre eux évoquent le suicide." Encore un chiffre choc.

La solitude, l'une des raisons majeures des appels 

"La solitude est l’une des raisons majeures des appels. Solitude physique. Mais aussi, ajoute-t-il, mentale." Pas question, pour autant, d’accueillir qui que ce soit, dans ces locaux. Non, on n’accueille pas Monsieur Preskovitch, le voisin bulgare, avec ses fameux doubitchous. Encore moins avec son kloug, roulé sous les aisselles.

Non, à Cachan, le travesti ne dansera pas avec Pierre, et on ne l’appellera pas Charles Bronson. Et Zézète ne viendra pas, avec son caddie, remplir sa feuille de Sécurité sociale (Zézète épouse X…ça dépend, ça dépasse…). À Cachan, on préserve le local d’écoute, pour que les bénévoles se sentent bien. Et d’attaque pour leurs 4 heures d’écoute d’affilée.

Certaines fois, de nuit. Un lieu, ou l’on reçoit toutes les douleurs du monde.

"Un monde de plus en plus âpre", a dit le parrain de Sos Amitié, le comédien Christophe Malavoy : "Un monde, va-t-il ajouter, ou être a l’écoute des autres, est un devoir… en tout cas, devrait l’être."

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