C'était comment ? QG de Marine Le Pen : "Y'a une perquis' au siège !"

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Une perquisition a eu lieu lundi 20 février au siège du Front national à Nanterre. Au même moment, Nathalie Bourrus faisait une incursion remarquée au QG de campagne de Marine Le Pen, à Paris.

C’était… ça rigole pas.

"Bonjour je suis journaliste à franceinfo, j’ai rendez-vous avec Florian Philippot." 

La jeune femme sort d’un genre de guérite, comme un vigile. "Je préviens", me dit-elle. Elle téléphone. "Ah non madame, désolée, ils n’ont pas d’information à ce sujet."

Moi : "C’est convenu depuis plusieurs jours, il m’a dit que je pouvais venir au QG."

Elle : "Mais il n’est pas là."

J’envoie un SMS désespéré au même Florian Philippot. En fin de compte, un homme descend. Il ne saute pas au plafond… mais je vous le jure, cet homme en rêve… C’est simple, il est fou de joie de me voir, il n’y a aucun doute à ce sujet. Une journaliste qui vient fouiner dans leur QG, ça, au FN, on adore. Et la suite, vous allez le voir, ils vont encore plus adorer.

"Alors là, donc, c’est l’entrée, me dit mon guide. Et là, c’est la salle de rédaction…" Silence glacial. Quatre garçons en chemise blanche et cravate noire sont derrière des ordinateurs.

"Et voilà Amelie." Amélie écoute Florian Philippot, qui, lui, est sur une radio concurrente. En fait, tout le monde écoute Florian Philippot. Même derrière la porte du bureau de David Rachline, le directeur de campagne de Marine Le Pen. J’entends le son… très fort.

"Nous croyons en la France, dit Philippot sur la chaine concurrente. Nous ne dirons jamais que nous sommes coupables de crime contre l’humanité en Algérie, par exemple !"

Amélie tweete.

Moi : "Et sinon dans la journée, vous faites quoi dans ce bureau ?"

Réponse : "On remplit des questionnaires, pour les associations."  

Moi, qui tente un réchauffement climatique avec eux : "C’est intéressant : expliquer, convaincre."

Soudain, une femme entre dans le bureau. "Y’a une perquis’ au "Carré !"  Elle lance cette phrase comme un boulet de canon au milieu de la pièce.

Je traduis : il y une perquisition, au siège du FN, à Nanterre. Waouh, énorme ! Je me fais alors toute petite, prête à me glisser sous la moquette, et même sous le sol qu’il y a, sous le béton de l’immeuble. Je suis là, plantée, au milieu des boss du Front national.

Ils ont des sueurs froides. Je cherche mon portable. Zut, il est dans l’entrée. Des portes s’ouvrent, se referment… sur moi.

Ma petite balade au QG du FN est terminée. Exit la journaliste-fouineuse. Place à une randonnée : celle de la justice, et du FN.

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