C'était comment ? Les candidats, l'hopital et la charité

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Les candidats à l’élection présidentielle, et leur plan santé. Chacun est venu, tour à tour, présenter son projet, au palais Brongniart à Paris. On a parlé hopital, soins dentaires et addictions. Nathalie Bourrus y était.

C’était… dans l’arène. En guise de toréador : Audrey Pulvar. En guise de cape : une robe moulante. En guise de peuple : des dizaines de photographes.

Premier taureau à entrer en piste, dans la poussière de cette arène : Emmanuel Macron. "Vous avez cinq minutes", lui lance la meneuse de jeux. "Premier axe : la prévention, rétorque Emmanuel Macron… La haute autorité de santé fera un état des lieux des soins… Le tiers payant doit être généralisable…aucun soin utile ne sera déremboursable… Il faut éviter que tout le monde converge vers l’hôpital."

Il ne s’essuie pas le front, mais presque. Tout cet alignement de phrases m’a donné le tournis. Et j’avoue à ma voisine que je n’ai pas tout bien compris. "C’est normal, me répond-elle. Il part dans tous les sens… Macron, il veut satisfaire tout le monde."

Vais-je m’accrocher ? Parce que c’est reparti pour un tour. Audrey Pulvar fait entrer une autre personne dans l’arène. Un autre intervieweur.

"Faut-il rembourser les séances de sophrologie ?", lance-t-il. Ah là, j’avoue, que ça tombe un peu comme un soudain lâcher de banderilles. "J’y suis favorable, si cela est utile", répond le candidat d’En Marche, décidemment prêt à pas mal de choses. Emmanuel Macron a revêtu son habit de lumière, et le sable de l’arène le galvanise.

Deuxième sur la liste: Nicolas Dupont-Aignan. Mais qui l’écoute ? La presse se rue dehors, pour tenter d’attraper le candidat Macron… qui échappe à tous, pour filer à Londres.

Mules de corrida

Troisième à entrer dans l’arène : Benoît Hamon. Il ne calcule même pas la meneuse de jeux. Et il fonce. "Il y a 15 millions de malades chroniques en France… on doit parler de bien-être, de l’alimentation, des addictions." Ah ! J’ai l’impression d’avoir changé d’arène. C’est plus du sable, c’est de la terre. Les pieds dans le sol… nul habit de lumière.

"Qu’on arrête avec les grands mots, comme Etats généraux ! lance le candidat du PS. Dans les entreprises, on choisit trop souvent la multiplication du stress. Il faut modifier cela. Le burn-out par exemple n’est pas considéré comme une maladie. Même à l’hôpital, les personnels sont en surcharge de travail, il faut modifier ce système."

Ultime invité dans cette arène : François Fillon. Place à la traque … les photographes le braquent. Benoît Hamon se moque de lui, de ses revirements sur la sécu. Un intervieweur ridiculise ses projets. Le taureau semble acculé. Mais son entourage l’affirme : il n’a pas l’intention de se laisser trainer hors de la piste, par des mules de corrida, qui penseraient en avoir fini avec sa dépouille.

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