C'était comment ? Le Pen-Macron : le feu et la glace

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Copié dans le presse-papier !

QG contre QG : Nathalie Bourrus s'est rendue dans les sièges de campagne de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Le jour et la nuit.

C’était…bunker contre campus. Je me suis rendue au quartier général de Marine Le Pen, le 20 février dernier. J’y étais déjà allée pour l’inauguration des lieux, pas si loin que ça de l’Elysée. Mais cette seconde fois, fut… comment dirais-je… polaire.

Dès mon annonce, une dame sort d’une guérite, pour m’affirmer que non, je ne suis pas attendue. "Mais si, je vous jure, Florian Philippot m’a donné son accord." Cafouillage. Le message n’est pas passé. Donc, je suis face à un bunker, aux murs tellement épais que les infos ne passent pas.

Chez Macron, rien à voir. On est le 8 mars. Et, ici, dans le 15e arrondissement de Paris, tout le monde sait quand une journaliste débarque. La com, c’est leur truc. La précision, leur obsession. "Bonjour ! Entrez, on va monter." Ça, c’est mon guide, le chef de la communication. Et là, alors que chez Marine Le Pen, j’attends toujours un feu vert, avec un vigile … au QG d’En Marche, on démarre une balade. 'Là, c’est le bureau des Jeunes avec Macron. Là, c’est le bureau des factures, des levées de fonds."

Moi : "On entre ?"

Lui : "Ben non."

Mouais, faut pas charrier… chez Macron, l’argent c’est quelque chose de sérieux.

Alors que chez Marine Le Pen on n’aime pas trop en parler. "Ben non, il y a des juges et une justice en France", me rétorque ton dès que je parle euros (pardon, chez Le Pen, il faudrait dire francs).

Exit l’histoire de gros sous. Dans cette salle presque vide, ambiance jour de pluie, cinq garçons et une fille écoutent l’un des leurs, invité sur une radio… et taillent la presse dans toutes les largeurs. "Pfff ! mais qu’est ce qu’elle dit, celle-là ! N’importe quoi !", ommente la fille, qui ne cesse de tweeter.

Chez Macron, c’est le jour et la nuit : je passe toujours de bureaux en bureaux, de jeune en jeune… un vrai campus. Mon guide finit par me lâcher. Discussion à bâtons rompus, avec les "helpers", les volontaires, qui bossent nuit et jour. Ça déjeune un peu partout sur les tables. Le lit de repos a disparu, de toute façon le repos a été emporté par cette campagne.

Moi : "Vous êtes donc passé de Hollande à Macron ?"

Un helper : "Macron, il fait ce qu’il dit, et il dit ce qu’il fait."

Une fille, grand sourire, débarque : "Ça va, l’énergie est bonne ?"

Pendant ce temps, chez Marine Le Pen, alors que je suis assise dans cette pièce toujours aussi glaciale, une fille debarque aussi, mais pas pour les good vibes. Elle pousse la porte, avec fracas.

"Hey ! Y’a une perquise au Carré !" Tous me dévisagent. Moi, la journaliste, plantée là, au milieu, j’assiste à l’annonce d’une perquisition en cours, à Saint-Cloud, le fief du FN. Le bunker est soudain, comme fissuré. Pendant qu’au campus, on fête le ralliement de Bertrand Delanoë.

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