C'était comment ? La manif sauvage de flics ? A l'Assemblée, no problemo

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Des centaines de policiers ont manifesté dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 octobre, sur les Champs-Elysées. Avec leurs gyrophares, et sans autorisation. Chez les députés, ça ne pose aucun souci. 

C’était… au bord du gouffre. Dans la salle des 4 colonnes, à l'Assemblée Nationale, alors que Manuel Valls est enfermé avec les députés socialistes, les conférences de presse s’enchaînent. Les communistes tout d’abord. 

Question : "Vers quelle candidature penchez-vous plutôt ?"

Réponse : "Vers celle de rassemblement, ce serait évidemment le mieux". Rien sur les policiers, ça pionce. Bien bien bien. Au suivant.

Au tour de l’UDI, les centristes. Ça parle budget, retraites…

Question : "600 policiers ont manifesté cette nuit sur les Champs Elysées, ça vous inspire quoi ?"

Réponse : "C’est grave"

Dans ma tête : oui, c’est un peu grave, en effet. 

Le député : "Ce qui est grave, ce sont ces policiers qui reçoivent des cocktails Molotov, qui se font attaquer physiquement." Visiblement, je n’avais pas compris, ou se situait la gravité. 

Il poursuit : "Nous sommes dans une société au bord de l’embrasement."

Dans ma tête : effectivement, des flics avec leurs gyrophares, la nuit, sur les Champs Elysées, ça sent le roussi. 

Moi : "Mais 600 policiers qui manifestent, après avoir envoyé paitre leur hiérarchie, ça n’est pas un peu gênant ?" 

Lui : "Il faut se mettre dans leurs habits, pour les comprendre"

Moi : "Mais ils représentent l’ordre, et l’exemple même. Ils sont policiers"

Lui : "Ils sont dans un malaise"

Dans ma tête : il n’y a pas qu’eux. Au suivant, conférence de presse des Républicains. Je me lance tout de suite : "Les policiers manifestent, sur les Champs Elysées, de nuit"

Lui : "Il y a un ras le bol, que l’on sent partout"

Moi : "Oui, ca, tout le monde le sait, ils sont certainement débordés. Mais les laisser manifester en plein Paris, ça peut être un mauvais signal ?"

Ce genre de manifestation de policiers est extrêmement rare, cela montre bien le malaise

Un député les Républicains

Bien, bien, bien...

Ah, c’est le tour des socialistes. Ceux-là même, qui sont enfermés, depuis ce matin, avec Manuel Valls. "Je voudrais commencer par l’évènement de la journée, dit le député… Nous avons reçu les casques blancs, ces héros qui alertent au quotidien, sur les crimes commis à Alep"

Moi : "Au sujet des policiers qui étaient dans les rues, cette nuit ?"

Lui : "Ils font un métier difficile… mais il y a 15 ans, il y avait déjà des manif de gendarmes !"

Pendant ce temps, nous apprenons que Manuel Valls, toujours enfermé avec les députés socialistes, leur a demandé d’être "solides, et de tenir les institutions."

La police, il me semble, en est une… et de taille. 

On connaissait Un président ne devrait pas dire ça, titre du livre de confidences de François Hollande, qui a mis le feu aux poudres.

On se prête à imaginer un autre titre : "Un policier ne devrait, peut-être, pas faire ça."

Vous êtes à nouveau en ligne