C'était comment ? L'IVG : parole aux hommes

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Un colloque sur le droit à l’avortement avait lieu vendredi 23 septembre au Sénat. Des tables rondes, d'hommes, sur la santé des femmes.

C’était…Parole des hommes/présence des femmes. A la tribune, quatre hommes pour parler de l’IVG dans le monde. "Un jour, j’ai vu arriver une femme qui débarquait de son pays. Elle avait pris 20 cachets. Elle était enceinte de cinq mois", raconte un professeur, qui possède une chaire a l’Unesco. Il explique que la femme en question avait mis les cachets dans son vagin… pour avorter.

Dans la salle, l’assemblée est soufflée, troublée. Je me retourne. Et je découvre cette assemblée…. de femmes. Quasiment QUE des femmes. "La femme doit pouvoir choisir sa contraception", évoque un autre homme sur cette même tribune. "Sur la stérilisation, on observe une domination des hommes, dit-il, car elle est pratiquée essentiellement sur des femmes".

C’est l’heure de la pause.
Moi : "Bonjour, ça vous a intéressé ?".
Elle : "Oui, bien sûr. Je suis en Master de sociologie, à Marseille. Je suis venue exprès. Par contre, y’a une chose étrange, pas mal d’hommes à la tribune"
Sa copine : "Ben en fait, il n’y a que des mecs dans le monde du professorat en médecine. Ils sont clairement dominants".
Moi : "Ah oui ? Pourquoi ?"
Elle : "C’est toujours le même problème : les femmes n’osent pas venir assener des vérités (ou des contre-vérités d’ailleurs). Elles manquent d’assurance dans les colloques, ça se voit vraiment, dit-elle. Les hommes dominent les tribunes, et nous on les écoute".

D’autres jeunes filles patientent devant les toilettes. Je les aborde. "Vous connaissez le savoir-faire, et le faire-savoir ?", me répond l’une d’elles.
Moi : "Oui, je me souviens vaguement"
Elle : "Les femmes ont le savoir-faire…Les hommes possèdent le faire-savoir". "On n’avance pas beaucoup à ce niveau là, poursuit la jeune fille. On mange notre chapeau".  Ca la fait rire.

Le colloque reprend. Un autre homme est invité à s’exprimer. Et pas des moindres. C'est le professeur Israël Nisand. "On n’envoie pas les Françaises se faire avorter à l’étranger ! Ceux qui font ça, n’aiment pas les femmes !" Ce ponte en la matière, est en colère, comme souvent, c’est sa marque de fabrique. "Il faut apprendre les sciences humaines, la parole, aux médecins !"

Fin du colloque. Je retourne voir, les jeunes filles.
Moi : "Alors ?"
Elle : "Disons que les hommes ont bien dominé les débats."
Sa voisine : "Mais c’est de notre faute aussi ! On a qu’à s’emparer de nos droits, arrêter de pleurnicher. D’ailleurs, je vais le voir, moi, le professeur Nisand ! J’ai une question pour lui".
Et la voilà partie... histoire d'aller lui faire-savoir.

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