C'était comment ? Des dentistes plombés

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Les dentistes étaient dans la rue, ce vendredi. Ils ont fermé leurs cabinets, et se sont rassemblés, place Vauban, près du ministère de la Santé à Paris. Ils dénoncent un plan qui prévoit le plafonnement de certains actes. Nathalie Bourrus y était.

C’était… le plombage de trop. "En fait on veut nous plafonner de partout, on va beaucoup perdre dans cette histoire", me dit un dentiste aguerri.

Moi : "Je vais vous provoquer un peu mais, votre manif, là, elle est pas très populaire. Les gens ont le sentiment que c’est vous, qui les plombez !"

Lui : "Oui oui, je le sais, on le sait tous, faut pas croire. Les patients pensent toujours qu’on les arnaque." 

Moi (en plein détartrage de la profession) : "Ils pensent aussi que vous gagnez très bien votre vie… sur leur dos."  (J’aurais pu dire : sur leurs dents).

"Alors que c’est FAUX", s’insurge le monsieur, venu d’Aix-en-Provence.

Un détartrage qu'ils jugent trop plafonnés 

Je vous explique : "Sur les soins classiques, genre détartrage on est plafonnés, ça coûte 28,92 euros, avec le budget de fonctionnement qu’on a et les prélèvements, on gagne quasiment pas là-dessus. Donc, on se rattrape sur les prothèses." 

Moi : "Mais ce n’est pas juste. Les prothèses, c’est hyper cher ! 700 euros la couronne." 

Lui : "Mais mon cabinet me coute 120 euros de l’heure en fonctionnement. Faites le calcul." 

Moi : "Je le fais. Si vous faites quelques détartrages, et pas mal de prothèses, ça marche très bien pour vous." 

Notre conversation s’évapore dans un tube des Village People. Des fumigènes roses partent dans le ciel. On est aveuglés, on en prend plein le visage. Tout le monde tousse. Les dentistes, manifestement, n’ont pas l’habitude de protester.

Y’a pas d’merguez, pas d’camion. Mais un énorme van, avec une sorte de DJ perché dessus. Je change de coin. Un groupe venu de Lille se passe des tee-shirts avec écrit : "49.3 dentaire, non merci" 

"Il est pas un peu, exagéré, le slogan ?" Ça c’est moi, et je ne me fais pas que des amis.

Tout le monde nous prend pour des nantis. Ce n’est pas possible ça !

Un dentiste

à franceinfo

"Vous savez, notre métier n’est pas évident" s’insurge un dentiste Calimero, petit slim en velours et derby impeccables.

Et me voilà en train de repenser à nous tous, allongés sur le fameux fauteuil de dentiste. Vous voyez, légèrement en arrière. La bouche grande ouverte, à en attraper des gerçures.

Une lampe dans le visage (pas pour nous faire parler non, pour nous faire taiiiiire).

Le dentiste de Lille reprend : "Nous aussi, on souffre." J’entends alors sa maudite roulette.

"Vous êtes tous très stressés quand vous venez nous voir et nous aussi du coup. Vous, comme nous, on est enfermés dans un huis clos de douleurs." 

Dentiste : un métier un peu plombé.

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