C'était comment ? Christine Lagarde, la femme traquée

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Le procès de Christine Lagarde a démarré, cet après-midi, devant la Cour de justice de la République. L’actuelle patronne du FMI est accusée de négligence, dans l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais. Nathalie Bourrus y était.

C’était… la femme traquée. Devant cette première chambre du tribunal de grande instance de paris, ils sont des dizaines à l’attendre. Des grappes de journalistes, de photographes, de cameramen, d’avocats.

"Pousse-toi,-toi ! j’vais la louper !" Hurlement d’un photographe sur un confrère. Ils sont positionnés derrière des barrières en fer, celles qui servent à délimiter les périmètres de sécurité, quand l’heure est grave.

Il n’est pas encore 14 heures quand son avocat apparaît. Me Maisonneuve, ténor du barreau, ne fait que passer. La police indique à la presse qu’elle peut entrer dans la salle.

Ruée vers la femme. Une femme qui, en quelques minutes, va devenir une bête traquée. A l’intérieur : rien. Que des avocats. Ils prennent des clichés, des fauteuils, dans lesquels la cour va s’installer. Je regarde cette salle, aux lambris de chêne.

Brouhaha, bruits de chaises

Juste avant le procès, un connaisseur m’a raconté la petite histoire : c’est là qu’a eu lieu, le procès de Marie-Antoinette en 1793. Incroyable ! Deux jours de procès, que beaucoup, ont décrit comme bâclé. Et on connaît la suite : la condamnation à mort de Marie-Antoinette… la guillotine place de la Concorde. J’en ai des frissons.

Soudain, brouhaha, bruits de chaises. La voilà. La directrice générale du FMI entre par une porte dérobée. Elle parvient à faire quelques pas, jusqu’à sa place. Le visage est tendu.

Christine Lagarde fait mine d’aller bien, esquisse des sourires en forme de rictus, heureusement rehaussés par un foulard rouge et vert. Christine Lagarde, cette femme de tête de 60 ans, est à présent cernée par les photographes. Ils sont quasiment collés à elle.

Elle n’a pas de marge. Elle ne peut pas bouger.

Les perches sont tendues, espérant un son de sa voix. Il n’en sera rien, pour le moment.

"Mme Lagarde, par ici, s’il vous plaît !"

"Pas l'intention de me taire"

On oscille entre la Foire du trône, et un festival de Cannes raté. Un moment sinistre, dans un silence interminable. Christine Lagarde pivote légèrement, sur sa droite. Port de tête impeccable, pour cette ancienne championne de natation.

Le procès démarre. La présidente lui demande de se présenter. Puis lui dit qu’elle a le droit de garder le silence. "Je n’ai pas l’intention de me taire", répond-elle.

Cette femme, visiblement, ne se laissera pas faire… elle ne sera pas, se dit-elle, celle qui devra démissionner du FMI, comme DSK avait dû le faire, pour de toutes autres raisons. Elle sera encore moins, espère-t-elle, celle, qui se fera huer en place publique, comme le fut Marie-Antoinette.

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