C'était comment ? Aux larmes citoyens

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Le drapeau du Comité d’Action de la Résistance, a été remis au collège-lycée Jacques Decour, à Paris. Najat Vallaud Belkacem, la ministre de l'Education y était. franceinfo aussi. 

C'était beau. Dans le jardin d’honneur de cet établissement scolaire, des vieilles personnes se tiennent à peine debout. Ce sont des résistants. "Nous ne sommes plus très nombreux", me précise l’un d’entre eux, le dos courbé, la main s’appuyant, sur sa canne. 

Il se rassied. La ministre est là en cette journée ensoleillée, elle va nous tirer des larmes, républicaines. Les élèves vont et viennent. On entre dans une salle. Le Parloir, lieu de mémoire du lycée Jacques Decour. Un lieu dédié a cet homme, qui fut professeur ici, puis fusillé, au Mont Valérien. Il avait 32 ans. 

Puis, une autre salle. Sur les murs : les photos des anciens élèves.  "Ah, Claude Nougaro, a été élève ici ?" lance la ministre. "Oui oui", répond le Proviseur. "Et Lucie Aubrac, bien sûr", dit Najat Vallaud-Belkacem. "Où est son portrait ?"

On l’y amène. Puis, une élève de 3ème. "Bonjour Macha, expliquez-moi ce qu’a fait Lucie Aubrac ?" Macha, entre rire et larme, ne dit mot, ne fait que rougir et bafouiller. La ministre se penche sur des vitrines. 

"Vous vous rendez compte ? C’est impressionnant, elles sont terribles, ces lettres."  La salle bruisse toujours. Des élèves vont et viennent. "Chaque proviseur était censé dénoncer les juifs, présents dans l’établissement…" 

Elle regarde longuement ces missives qui nous mettent, les larmes aux yeux. Les personnes très âgées, les derniers résistants, n’ont pas suivi. Ils nous attendent, dans la grande salle. Ils sont assis au premier rang avec leurs médailles, leurs cannes, et leurs longues mains amaigries. 

La République, il faut la défendre

Najat Vallaud-Belkacem

"On se dit : tiens on va encore déposer une gerbe !", lance le président du Souvenir Français, Serge Barcellini… "Eh bien non ! Ces drapeaux doivent vivre une seconde vie. Madame la ministre, vous avez lancé la réappropriation de l’histoire de la République et de ses symboles"

Discours éminemment politique.  A l’heure où la campagne semble avoir commencé. "La République, il faut la défendre", lance la ministre de l’Éducation. "Il faut la défendre contre ceux qui voudraient la réduire." Les élèves ont stoppé leurs allées-venues. 

Silence

Ils montent sur scène. Les très vieux résistants regardent cette génération multiple, black-blanc-beur, espérant une relève assurée. "Sur mes cahiers d’écolier, sur mes pupitres et les arbres, j’écris ton nom."  Vous l’avez tous reconnu... "Liberté", de Paul Eluard.  Les gorges sont serrées … Aux larmes citoyens. 

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