C'était comment ? Après le Hollande-bashing, le Hollande-destructoring

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Le 24e congrès des professions libérales s’est tenu  à Paris. Dans les travées du Palais Brongniart, on ne parlait que de l’annonce de François Hollande. Nathalie Bourrus y était.

C’était… la délectation. Limite sadique. Vendredi 2 décembre, à la tribune du grand auditorium du Palais Brongniart, à Paris, le patron de la CFDT cite le Danemark en exemple : "Ce pays, dit Laurent Berger, a une capacité à se mettre autour d’une table. En France, le syndicalisme en est bien loin." Ce qui suscite un petit commentaire, sur ma gauche : "Ça c’est sûr, et ce n’est pas la gauche qui nous y a aidé."

Et toc.

Smartphone en main, le monsieur lit ses tweets. En me penchant légèrement, j’aperçois : "Hollande, enfin, tu nous quittes." Puis : "Les patrons vont pouvoir respirer." Ou encore : "Hollande et ses sbires ne comprennent rien aux PME."

Il existait le Hollande-bashing… on en est au Hollande-destructoring.

À la tribune, l’un des participants au congrès dresse des bilans : "600 000 emplois sont non pourvus dans notre pays… mais il y a d’autres gros soucis, comme la justice fiscale." Sur ma droite, opération destruction : "La gauche n’a rien fichu, quel bilan catastrophique…"

Moi : "C’est pas un peu facile, maintenant que François Hollande a fait sa déclaration ?"

Lui : "Bon, j’écoute là."

À la tribune, une économiste évoque l’Allemagne : "Dans ce pays, les écoles sont financées par les entreprises", lance-t-il. Derrière moi : "En France, vaut mieux que ce soit par l’entreprise que par l’État !" Sa voisine renchérit : "T’as raison ! Parce que des fonctionnaires qui viennent faire la leçon, ras le bol !"

À terre, François Hollande... sous terre, le gouvernement.

Sur la scène, de nouveau, Laurent Berger : "Il faut des passerelles entre le salariat et le reste. Et il faut, aussi, accepter le droit à l’échec." Ouh la la ! qu’est-ce qu’il n’avait pas dit là. Déchainement à ma droite, à ma gauche, devant, derrière. "L’échec, parlons-en !", dit un médecin. 

L’apothéose de cette opération destructor s’appelle Christophe Sirugue. Pendant vingt minutes, le secrétaire d’État à l’Industrie va tenter de dire des choses. Rien ne passe. Chaque parole est brisée d’avance, je n’ose plus regarder cet homme, seul dans l’arène. 

Du coup, je me plonge dans La Revue du professionnel libéral. Et je découvre Hollande en photo. Ah ! mais qui vois-je, tout fiérots sur ce même cliché : les deux organisateurs de ce congrès ! Ils prennent la pose, tout sourire. "C’est collector, c’est à mettre en vitrine", balance une ultime fois mon voisin de droite.