C'est mon week-end. Évasion culture et nature dans le Perche

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Et si vous partiez dans le Perche ? Cette campagne normande abrite quelque 300 châteaux et manoirs au cœur d’une nature préservée. Respirez ! Ralentissez ! Et profitez d’un séjour au vert et au calme. 

Randonner en forêt, traverser ses vergers, écumer ses vide-greniers… Et "septembrer" ou "octobrer" dans sa lumière dorée. Le Perche est un rêve. "La traversée du Perche, c’est magnifique! Parce que ce sont des collines donc vous avez des points de vue et des perspectives qui s’ouvrent sur la campagne, qui sont vraiment sublimes."

La Ferté-Vidame dans le Perche.
La Ferté-Vidame dans le Perche. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

Installé dans le Perche depuis quinze ans, Pierre-Yves Bonnot joue les guides. Cet artiste nous emmène d’abord à Saint-Mard-de-Réno. "C’est un petit village de 450 habitants. Il est au pied de la forêt de Réno-Valdieu, forêt domaniale classée. D’une beauté absolue, c’est une forêt de hêtres et de chênes avec des sous-bois extrêmement lumineux constitués de fougères, avec également des chênes remarquables qui ont des centaines d’années, certains ont même été plantés sous le règne de Louis XIV. Il y a tout un parcours pour les admirer." Avec des balades exceptionnelles à faire également en partant de Saint-Marc de Réno grâce au GR 22, qui mène au Mont Saint-Michel.  

Pierre-Yves nous fait découvrir son atelier ouvert au public dans sa longère percheronne du 18ème siècle. Il illustre les pages de livres anciens. "Je peins la nature à la gouache. Et, surtout après, je retravaille tous les effets de pelage quand ce sont de petits animaux, et le plumage quand il s’agit d’oiseaux, je retravaille au crayon."

Puis, nous rejoignons Saint-Langis-lès-Mortagne, où se trouve l’usine de Cire Trudon réputée pour ses bougies haut de gamme. Laurence Samson accueille les clients dans le show-room. "Depuis février 2020, l’entreprise est très fière de faire partie du patrimoine vivant", se réjouit-elle. En activité depuis 1643, c’est le plus ancien cirier au monde. L’origine de Trudon ? "C’est un épicier qui s’appelait Claude Trudon. Dans son arrière-boutique, il fabriquait des cierges pour le château de Versailles." Première bougie à 33 euros, ça grimpe jusqu’à 450 euros. Le contenant en verre soufflé est fabriqué à Vinci (Toscane), en Italie. Du grand art.  

La bougie Balmain par Trudon.
La bougie Balmain par Trudon. (Ingrid Pohu)

A deux pas, vous voilà à Mortagne-au-Perche, ville natale du philosophe Alain (de son vrai nom Émile-Auguste Chartier; 1868-1951). Un musée lui est d’ailleurs consacré.

La maison du philosophe Alain, à Mortagne-au-Perche.
La maison du philosophe Alain, à Mortagne-au-Perche. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

Dans cette cité de caractère, les maisons en pierres blanches sont enduites à la chaux, les tuiles sont en terre cuite.

Dans la cité médiévale de Mortagne-au-Perche, dans l\'Orne.
Dans la cité médiévale de Mortagne-au-Perche, dans l'Orne. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

Jadis, Mortagne-au-Perche était une ville riche. "Parce que la ville était orientée vers le commerce de la toile de lin, il y avait énormément de production de lin dans toute la campagne environnante, souligne Pierre-Yves Bonnot. De riches commerçants ont fait fortune et acquis des charges auprès du roi et s’anoblir." Mortagne-au-Perche possède de très beaux hôtels particuliers du 18ème siècle. "Avec des portes cochères aux frontons sculptés. Derrière, il faut imaginer qu’il y a une petite cour, qui permettait aux calèches de se garer. Souvent, ils possèdent de très beaux jardins avec des buis taillés à la française", poursuit l'artiste.

Et ici on chine ! Ce jour-là, un pierrot géant des années 1950 trône devant la boutique de Dominique Pierre: il est boucher le matin, brocanteur l’après-midi.

Chiner à Mortagne-au-Perche.
Chiner à Mortagne-au-Perche. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

Dans sa boutique, on trouve beaucoup d'anges. "Je viens d'ailleurs d’en trouver un en bronze, sourit ce très sympathique commerçant. Le rotin ça marche très bien en ce moment, le jardin aussi, tout ce qui est en fer forgé. Les jeunes chinent aussi, ils cherchent des objets des années 50 en ce moment."

Dans la boutique du brocanteur Dominique PIERRE, à Mortagne-au-Perche.
Dans la boutique du brocanteur Dominique PIERRE, à Mortagne-au-Perche. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

La place centrale sert de place de marché le samedi matin, avec de nombreux producteurs locaux, où l’on croise beaucoup de Parisiens. "Ce sont souvent de jeunes diplômés citadins, qui se reconvertissent dans le maraîchage. Et la crise sanitaire a renforcé cette tendance avec des Parisiens, qui non seulement veulent venir le week-end, mais veulent de plus en plus s’installer dans le Perche, et évidemment ça se ressent sur l’économie locale", explique Pierre-Yves Bonnot.

Le cloître de Mortagne-au-Perche.
Le cloître de Mortagne-au-Perche. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

Dans l’ancien bâtiment de l’hôpital Marguerite de Lorraine, par une toute petite porte très discrète, on accède à un magnifique cloître du 16ème siècle aux charpentes en bois. Et de là, on pousse la porte de l’ancienne chapelle du couvent. Superbe! "On peut observer la voûte en coque de bateau retourné très caractéristique des églises du Perche. Cette voûte est en châtaignier, elle est peinte sur toute sa surface avec des médaillons et des décorations religieuses."

Hôtel-Restaurant Le Tribunal, à Mortagne-au-Perche.
Hôtel-Restaurant Le Tribunal, à Mortagne-au-Perche. (INGRID POHU / RADIO FRANCE)

On séjourne à l’hôtel-restaurant du Tribunal, à partir de 99 euros la nuitée au cœur d’une ancienne maison à colombages. Située à deux pas de l’ancienne maison d’arrêt, Sylvain Ortis en est le patron. "Avant de s’appeler l’hôtel-restaurant du tribunal, ici ça s’appelait "Jean qui rit, Jean qui pleure", précise-t-il. Parce que comme on peut se l’imaginer, quand on sort du tribunal, soit on rit, soit on pleure."

Ici, en tout cas, on sourit. Ou que l’on soit...  perché !

OFFICE DE TOURISME DU PERCHE

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