Travailler sans mettre les pieds au bureau : le phénomène du "remote"

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Le travail à distance, en "remote" ou en "multi office", est de plus en plus fréquent dans les start-up. Et au-delà, beaucoup d'entreprises renoncent à une partie de leurs bureaux fixes.

Le nombre de start-up qui recrutent "en remote" monte en flèche. On en compte 900 pour cette année. Quand le site Remotive.io a commencé à mesurer le phénomène, il y a deux ans, il n'y en avait que 200. Un phénomène qui nous vient tout droit des start-up de Californie où certaines entreprises ont purement et simplement renoncé à avoir des bureaux fixes.

Du coup, on travaille de chez soi ou dans des espaces de coworking, ou les deux mélangés. Où on veut, du moment qu'on a une connection internet. En France, le phénomène a commencé par concerner uniquement les développeurs informatiques. Pourquoi ? Parce que le métier est en forte tension à Paris. Les start-up parisiennes se sont donc mises à recruter des développeurs un peu partout, parce qu'il y a de bonnes écoles partout en région et que du coup, ça faisait faire des économies sur les salaires.

Mais aujourd'hui, le travail en remote concerne aussi le marketing, les ressources humaines, la compta, et surtout les commerciaux. Jean Lebrument va recruter pour sa start-up Brigad une centaine de personnes au cours de ces 18 prochains mois. Jusqu'à deux-tiers d'entre eux seront "en remote total" : "Il faut prendre des gens qui ont la capacité de travailler dans du multi-office. C'est à dire travailler avec des gens qu'ils ne vont pas forcément voir." 

Savoir travailler en autonomie

Evidemment, cela demande des qualités particulières. Jean Lebrument : "Ce sont des gens qui sont très habitués à travailler en autonomie, à trouver les réponses tout seul sur Google, mais très franchement, avec les outils technologiques actuels, il n'y a plus du tout de frein à faire du multi-office sur tous les métiers de bureau". Reste l'esprit d'équipe. Brigad organise tous les trois mois au minimum une rencontre physique dans ses bureaux parisiens.

Régulièrement, Jean Lebrument s'inspire d'une méthode qu'il a vu fonctionner dans d'autres start-up organisées autour du travail à distance. "Il appelait directement un employé au hasard, explique Jean Lebrument, sur Skype, pour prendre de ses nouvelles, lui demander comment il allait aujourd'hui, quel temps il fait chez lui... C'est quelque chose de très important. Il ne faut pas qu'ils se sentent tout seuls chez eux mais qu'ils font partie d'une grande équipe."

Ne croyez pas que ce phénomène ne concerne qu'une poignée de start-up d'une dizaine de jeunes gens branchés. Plusieurs "licornes", ces entreprises valorisées à plus d'un milliard de dollars, qui comptent plusieurs centaines de salariés, se sont au "total remote".

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