RTT, jour de congé imposé, jour travaillé, jour férié, payé, pas payé... Et vous, c'est quoi votre lundi de Pentecôte ?

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Si vous n'y comprenez plus rien au lundi de Pentecôte, rassurez-vous, vous n'êtes pas tout seul. Depuis 2008, la mise en place du jour de solidarité peut se faire selon six modalités différentes. 

Le lundi de Pentecôte est un jour incompréhensible pour la plupart d'entre nous. Tout allait bien jusqu'en 2003. Le lundi de Pentecôte était un jour férié comme les autres. Un jour férié chômé, le salaire mensuel ne changeait pas. Ça se complique donc à partir de 2004, le lundi de Pentecôte devient "journée de solidarité" : un jour travaillé en plus, mais le salarié ne touche rien de plus. L'employeur verse le salaire correspondant, 0,3% de la masse salariale à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Cela avait le mérite d'être clair.

Le système a changé et celui qui le remplace est moins clair. La confusion qui règne dans les esprits date de 2008. Le système unique du jour de solidarité a été remplacé par un grand nombre de solutions alternatives. En fait, on garde bien une journée de solidarité en France, mais elle ne tombe pas forcément le lundi de la Pentecôte. Et elle ne dure pas forcément une journée.

Un jour, six possibilités

Première possibilité, vous travaillez ce lundi mais vous n'êtes pas payé, comme avant.

Deuxième possibilité, votre employeur vous dit que la journée de solidarité ne tombera pas cette année le 21 mai, mais un autre jour habituellement non travaillé. L’idée reste la même : vous travaillez un jour de plus sans augmentation de salaire.

Troisième possibilité, votre employeur étale cette journée non payée sur toute l'année. Il vous fait travailler une heure par-ci, une heure par-là, non payées.
On peut même fractionner à la minute ! Votre employeur verse au final la même somme pour la solidarité, ça ne change rien.

Quatrième possibilité, votre employeur "vous pique" une RTT : il vous impose de poser une RTT en ce lundi de Pentecôte.

Cinquième possibilité, il vous demande de poser un jour de congé ce jour-là.

Enfin, sixième possibilité – c'est la plus avantageuse pour vous –, votre employeur vous offre cette journée. C'est-à-dire qu'il vous permet de ne pas travailler sans que ça change quoi que ce soit à votre salaire en fin de mois. Et il verse les 0,3% pour la solidarité. Pas étonnant, qu'on ne s'y retrouve pas !

Bientôt un deuxième jour de solidarité ?

Interrogé en avril sur l'hypothèse d'un "deuxième lundi de Pentecôte", pour contribuer au financement de la dépendance, Emmanuel Macron a jugé cette piste "intéressante".

Un autre jour travaillé mais non payé pour faire face au choc démographique du vieillissement, travailler un jour de plus, supprimer un jour férié... Cela ne changerait rien au fait que nous sommes en Europe, depuis les 35 heures, ceux qui travaillent le moins d'heures, pour les salariés à temps complet.