Plusieurs experts alertent sur la pénurie de compétences en France

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Le chômage, malgré une baisse ce mois-ci, reste à un niveau très élevé. Et pourtant, plusieurs experts alertent sur la pénurie de compétences qui sévit en France. Et qui pourrait s’aggraver avec la crise.

Il y a eu 150 000 chômeurs en moins au mois de mai 2020, mais après une explosion du chômage au cours des deux mois précédents, les chiffres restent très élevés, avec 4,4 millions de personnes sans emploi. Et les perspectives sont sombres, puisque l'Unédic table sur 900 000 destructions d’emploi à la fin de l’année. Et pourtant, dans le même temps, deux rapports alertent sur la pénurie de compétences qui touche les entreprises françaises, surtout les plus petites, un phénomène qui pourrait être aggravé par la crise du coronavirus.

Ce sont d’abord deux sénateurs qui tirent la sonnette d’alarme, cette semaine. Ils rappellent que les TPE et les PME n’arrivent le plus souvent pas à recruter. La plupart du temps, c’est parce que les profils ne correspondent pas aux postes demandés ou tout simplement parce qu’il y a un manque, et parfois même une absence totale, de réponses à une annonce d’emploi. Pour les sénateurs, la situation pourrait même s’aggraver. Ils prennent l’exemple de Renault, qui va mettre sur le carreau 4 600 salariés. Des travailleurs qui, pour la plupart, sont dans la même entreprise depuis de nombreuses années et qui n’ont reçu que très peu de formations au cours de leur carrière. Et qui sont donc inadaptés aux recherches des employeurs.

Miser sur la formation professionnelle

Les deux sénateurs proposent que les entreprises misent plus sur la formation professionnelle, qu’elle se résolvent à ne pas trouver d’emblée le bon candidat, avec le profil idéal, et qu’elles le forment. C’est exactement ce que viennent de dire d’autres experts, d’un profil totalement différent, puisqu’ils sont issus du grand cabinet de conseil McKinsey. Pour eux, nous sommes en pleine "quatrième révolution industrielle" et 800 millions de travailleurs vont devoir développer de nouvelles compétences. L’automatisation des tâches et la révolution industrielle vont bouleverser le marché du travail. Et il sera tout simplement impossible aux employeurs de trouver à embaucher sur le marché des candidats avec le bon profil.

Pour répondre à ce problème, une seule réponse possible, selon McKinsey : le "reskilling". Il va falloir ajouter de nouveaux "skills" (compétences), de nouveaux savoir-faire à ceux qui sont déjà dans l’entreprise. McKinsey cite en exemple Amazon, qui a mis de côté 700 millions de dollars pour former 100 000 employés à des métiers plus techniques. Ou encore Walmart qui a investi deux milliards de dollars dans la formation. Pour McKinsey, il ne s’agit pas de transformer tout le monde en ingénieur en intelligence artificielle, mais de préparer à l’idée qu’une personne puisse avoir quatre, cinq, voire dix métiers différents dans sa carrière.

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