Perspectives 2020 : la prime Macron sous conditions

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Toute la semaine on se penche sur ce qui nous attend dans le monde du travail en 2020. Lundi, on s'intéresse à la "prime Macron". Elle est reconduite, mais soumise à condition. Ce qui pourrait amener les plus petites entreprises à ne pas la verser.

D'un montant de 1 000 euros maximum, la prime Macron est versée à tous les salariés du secteur privé qui touchent moins de trois fois le smic. Exonérés de toute cotisation et contribution sociale, pour l'employeur comme pour le salarié. La prime Macron a eu du succès en 2019 : plus de 400 000 entreprises ont joué le jeu, soit à peu près 20% du secteur privé. 5,5 millions de salariés l'ont touchée. En moyenne ils ont perçu environ 400 euros. Mais près d'un tiers ont eu le maximum, 1 000 euros.


La bonne nouvelle, c'est que la prime Macron est reconduite pour 2020. Dans les mêmes conditions. 1 000 euros maximum pour tout salarié, y compris intérimaire, qui touche moins de trois fois le smic en brut. Mais la prime pourrait avoir beaucoup moins de succès que lors de son lancement. En cause une condition, fixée par Bercy : la prime doit être liée à un accord d'intéressement signé par l'entreprise. Or les plus petites d'entre elles, qui n'ont ni DRH, ni directeur financier, disent ne pas avoir les moyens de se lancer dans pareille aventure.

Associer les salariés aux performances de l'entreprise

Si elles sont bonnes, ils vont pouvoir percevoir des primes. C'est une façon de donner un coup de pouce au pouvoir d'achat sans augmenter les salaires. Problème : cela implique un engagement sur la durée – trois ans – et des critères précis à établir à l'avance, sur lesquels on ne peut pas revenir. Ce qui effraie les petites entreprises. Pourtant, plusieurs initiatives ont été prises pour leur faciliter l'accès à ces accords. Le ministère du Travail a mis en ligne des accords simplifiés sur son site. Les entreprises n'ont qu'à piocher pour trouver l'accord d'intéressement qui leur correspond le mieux. Les branches, de leur côté, doivent mâcher le travail à leurs adhérents, en préparant des accords d'intéressement type.


L'objectif du gouvernement, c'est de doubler le nombre de salariés couverts par un accord d'intéressement. De passer d'1,4 million de salariés à trois millions à la fin de 2020. Les entreprises ont jusqu'au 30 juin 2020 pour verser la prime Macron, et donc jusqu'à la fin du premier semestre pour mettre en place un accord d'intéressement. Selon une enquête menée sur 600 dirigeants de TPE, près de neuf petits entrepreneurs sur dix n'ont pas l'intention de s'engager sur cette voie en raison des contraintes qu'elle représente.

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