Les multiples facettes des entreprises qui emploient des handicapés

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La vie quotidienne au travail, pour 150.000 personnes, le travail de tous les jours, c’est dans un ESAT que ça se passe, un établissement spécialisé qui accueille des handicapés. De véritables petites entreprises qui justement tiennent salon demain à Paris.

C’est demain et après demain à la Grande Halle de la Villette, un grande « place de marché » où on va signer des contrats, faire du "business". Sauf que les entreprises qui vont essayer de se vendre dans ce salon sont un peu spéciales : ces sont des ESAT, des établissements et services d’aide par le travail, et aussi des entreprises adaptées. Et si vous croyez qu’on y colle des enveloppes ou autre petits boulots sans grande valeur ajoutée, il est temps de vous faire une nouvelle idée.

Sur le salon de la Villette, on croisera des entreprises qui emploient des handicapés et qui travaillent pour l’industrie de pointe : Airbus, PSA ou Safran. Mais ça, c’est déjà presque de l’histoire ancienne. Ce qui est classique aussi, c’est la confection d’objets, avec de l’assemblage : pour les cérémonies du onze novembre, le Bleuet de France que vous verrez à la boutonnière des anciens combattants et du président de la République est désormais fabriqué en France - l'an dernier, c’était encore en Chine - par des travailleurs handicapés de l’Allier.

Mais le "secteur protégé" s’attaque désormais aux services. Quand vous appelez votre service clients aux Trois-Suisses ou au Crédit Agricole, il n’est pas impossible que vous tombiez sans le savoir sur un travailleur handicapé. Certaines entreprises adaptées se sont lancées dans le transport, de biens et même de personnes. D’autres cuisinent et livrent des repas aux personnes âgées. D’autres encore proposent des massages en entreprises par des masseurs non voyants…

Les entreprises commencent à bien comprendre l’intérêt de faire travailler les établissements spécialisés. La loi les oblige à employer au moins six pour cent de personnes handicapés. Pour éviter d’être sanctionnées - ça peut coûter jusqu’à quatorze mille euros par poste manquant - elles peuvent sous-traiter à ce type d’établissement. Dans les grands groupes, on trouve de plus en plus souvent un responsable des achats spécialisé uniquement dans la sous-traitance au secteur protégé. Les entreprises choisissent cette démarche pour privilégier les circuits courts, l’économie locale, et aussi parce que, chez quelques unes, l’idée qu’elles doivent être utile la société fait vraiment son chemin.

Les structures qui emploient des personnes handicapées ne sont bien sûr pas concurrentielles par rapport à d’autres sous-traitants. Leur rythme de travail, leur productivité ne sont pas les mêmes. Elles ne peuvent s’aligner que parce que l’Etat les aide. Mais une étude du cabinet KPMG a montré qu’à chaque fois qu’un travailleur handicapé retrouvait un emploi dans une structure adaptée, il permettait d’économiser dix mille euros à la collectivité.

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