Chômage, salaires... Les jeunes ont plus de mal à se faire une place sur le marché du travail

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Plus difficile de trouver un emploi, des salaires qui progressent moins vite : les jeunes ont plus de mal qu'il y a dix ans à faire leur place dans le marché du travail, selon une toute récente étude.

La crise de 2008 est passée par là, et après elle le ralentissement des économies de la zone euro. Résultat, les jeunes ont plus de mal qu'auparavant à s'insérer dans le marché du travail. Les chercheurs du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq) ont comparé les jeunes de la génération 2010, ceux entrés dans le marché du travail en 2010, avec ceux de la génération 1998 et 2004. Le résultat n'est pas à l'avantage des plus récemment arrivés. Et ça vaut surtout pour les moins diplômés d'entre eux.

Quelques chiffres : au bout de sept ans d'activité, le temps passé en emploi a baissé de 65 à 46% pour les non diplômés entre la dernière génération et la plus ancienne. En clair, les non diplômés d'aujourd'hui sont plus longtemps au chômage que ceux de la fin des années 90. Il était possible de se faire une place sur le marché du travail sans diplôme à la fin du XXe siècle. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué, explique le Cereq. Même chose, en moins prononcé tout de même, pour ceux qui ont un CAP ou un BEP. Il est plus difficile pour eux aussi aujourd'hui d'accéder au marché du travail. En revanche, pour les plus diplômés, les bac+5, la différence est encore plus minime : cinq points. La crise n'a que peu atteint les mieux formés, qui trouvent du travail presque aussi facilement qu'avant.

Les salaires progressent moins vite qu'avant pour les jeunes

Pour les jeunes arrivés en 1998 sur le marché du travail, la progression de salaire au bout de sept ans était de +38%. Pour les jeunes arrivés sur le marché du travail en 2010, la progression de salaire n'est plus que de 19% en sept ans. Ce qui signifie que, en douze ans, la hausse des salaires pour les plus jeunes a été divisée par deux. L'étude montre en particulier une forte dévalorisation des diplômés du supérieur. Les salaires des bac+5 de la génération 2010 sont bien inférieurs à ceux de la génération 1998 après six ans d'expérience.

Ces générations ont été frappées de plein fouet par la crise financière de 2008, par la récession qui a suivi, et par la crise des dettes souveraines dans la zone euro en 2012. Pour eux, le marché du travail ne s'est pas redressé. Pour le bureau international du travail, le taux de chômage des jeunes en 2018 est supérieur à ce qu'il était en 2008.

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