Le "vidage de poste", une technique de harcèlement de plus en plus utilisée

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C’est une forme de harcèlement, pour pousser les salariés à partir : vider leur poste de leur contenu. Et, en temps de crise, cette pratique serait de plus en plus courante.

On connaissait la mise au placard. Curieusement, cette pratique qui fleure bon les années soixante dix connaîtrait un certain regain. Malgré la crise. Ou à cause de la crise, précisément.

Un cabinet de conseil aux salariés, l’Institut du salarié, attire l’attention sur la montée d’un phénomène : le vidage de poste. Le salarié se voit petit à petit retirer ses responsabilités. Une forme de harcèlement pour pousser à la démission, ou à la demande d’une rupture conventionnelle. Dans une position de faiblesse.

Cette pratique représente quatre cinquième des affaires que traite l’Institut du salarié

Le cabinet a étudié cent cas de vidage de poste. Des entretiens qualitatifs qui n’ont pas valeur statistique, mais qui parlent de l’époque. Une chercheuse au Cnam, Dominique Lhuillier, qui a publié « Les placardisés » au Seuil, le confirme : beaucoup d’entreprises pratiquent cette forme de harcèlement discret, qui fait moins de bruit qu’un licenciement. Et qui coûte moins cher.

Dans un position de faiblesse, déstabilisé par cette guerre des nerfs qui dure le plus souvent entre trois et six mois, la plupart des salariés finissent par chercher un accord avec l’entreprise pour partir. Négocier une rupture qui n’a d’amiable ou de conventionnelle que le nom.

Il faut alors constituer un dossier, qui atteste le changement d’organigramme, la baisse du nombre de mails, les pertes de mission et le fait de ne plus être invité aux réunions. L’employeur a en effet l’obligation légale de fournir au salarié un travail correspondant à son contrat. S’il ne le fait pas, on pourra l’attaquer aux prud’hommes, qui reconnaîtra la rupture du contrat de travail.

On peut aussi démissionner et faire dire ensuite à la justice qu’il y avait bien rupture du contrat de travail par l’employeur. Mais ces procédures sont longues et incertaines. Un aléa que l’employeur connait bien et sur lequel il compte pour trouver un terrain d’entente qui ne lui coûtera pas trop cher…