Le "forfait mobilités durables" pourrait faire décoller le covoiturage sur les trajets domicile-travail

400 euros seront remboursés aux utilisateurs du covoiturage et aussi aux cyclistes. Mais seulement dans les entreprises volontaires.

Quatre cents euros remboursés pour faire du covoiturage entre son domicile et son travail ou utiliser son vélo : les députés ont voté à la quasi-unanimité pour ce dispositif, dans le cadre du projet de loi mobilités, qui pourrait bien faire décoller enfin le covoiturage, un marché qui attire toutes les convoitises.

Pour certains ça a été une petite déception. Les entreprises ne vont pas être obligées – du moins pas tout de suite – de rembourser ces 400 euros aux salariés les plus vertueux, ceux qui pédalent ou qui partagent leur voiture pour aller travailler. Seules les sociétés volontaires le feront.

Ce "forfait mobilités durables" entrera en application le 1er janvier prochain. Il pourra prendra la forme d'une carte, un "titre mobilité", comme les tickets restaurants, avec lequel on pourra payer les frais de recharge de sa voiture électrique, l'entretien ou l'achat de son vélo ou ses trajets en covoiturage. 

L'offre de covoiturage est en train de se structurer

Le covoiturage domicile travail, comment ça marche ? Il suffit de passer par une appli et de choisir son trajet. Elle identifie qui fait le même, à la même heure. Vous payez via l'appli. Le conducteur est rémunéré de la même façon. Un automobiliste qui dépense 480 euros par mois en moyenne pour un trajet de 30 kilomètres peut passer à 360 euros avec un passager et 240 euros avec deux passagers. Pour le passager, compter en moyenne 7 à 10 centimes du kilomètre.

Le marché du covoiturage domicile-travail est en train de passer à la vitesse supérieure. La preuve ? Des poids lourds s'y intéressent. On ne compte plus le nombre d'applis qui se sont lancées récemment sur ce marché. BlaBlaLines, la filiale de BlaBlaCar, compte déjà 400 000 membres. Klaxit, qui compte parmi ses actionnaires Sodexo, propose plus de 420 000 trajets par jour. Il y aussi IDVroom, filiale de la SNCF, Karos – financé par le fonds d'investissement de la famille Arnault – OuiHop, Roulez malin. Tout ce monde-là veut que les 70% de salariés qui viennent au boulot en voiture ne soient plus jamais seuls à bord.

Mais, question : est-ce qu'on est toujours sûr de rentrer chez soi le soir à l'heure que l'on veut, avec ce système ? C'est le grand frein, la grande crainte des salariés, revélée par des études menées par les applis. Même si le risque de se retrouver en rade ne concernerait que deux trajets sur 1 000. Une start-up française, Klaxit, a trouvé la parade. Si vous essuyez deux échecs, vous avez droit à un retour gratuit en Uber, dans la limite de 50 euros. L'autre garantie, c'est que des applis comme Klaxit couvrent des entreprises ou des zones d'activités entières. Donc plusieurs centaines de salariés d'un coup. De quoi vous garantir de trouver un chauffeur.

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