La médiation pour déminer les conflits au travail

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Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a annoncé il y a quelques jours une prochaine réforme des Conseils des Prud'hommes. Parmi les pistes, favoriser la médiation. Des médiateurs dans les entreprises pour rétablir le dialogue et éviter d'aller en justice, la tendance commence d'ailleurs à prendre.

Les prud'hommes sont trop lents

La justice du travail met en moyenne plus de deux ans à se prononcer quand les parties ne sont pas d'accord. Leurs décisions sont souvent contestées : plus d'une fois sur deux, le perdant fait appel. Un état des lieux qui a poussé Emmanuel Macron à remettre sur le devant de la scène une réforme de cette première instance en matière de conflits liés au travail.

Parmi les solutions envisagées, il y a la médiation. Le ministère de l'Economie, dans son projet, veut faciliter le recours à cette procédure. La médiation, c'est monnaie courante dans les pays anglo-saxons. En France, on ne connait pour ainsi dire pas.

Certaines entreprises ont un médiateur

Pourtant, depuis quelques années, les médiateurs ont fait leur entrée dans les entreprises et la fonction publique. La SNCF, la Police, Orange, EDF, SFR, Danone ou bien encore la ville de Nantes ou la communauté de commune d'Amiens : tous se sont dotés de médiateurs internes. D'autres entreprises font appels à des médiateurs extérieurs, qui interviennent en cas de conflit. Des "tiers de confiance" qui permettent de vider son sac, de se sentir écouté, et souvent de trouver un terrain d'entente. Résultat, chez les médiateurs, on assure que de soixante dix à quatre vingt pour cent des interventions se soldent par un accord.

L'arrivée des médiateurs en entreprise correspond en France à la prise en compte de ce que l'on appelle les "risques psycho-sociaux". Le stress et le harcèlement sont désormais pris très au sérieux dans le mondu du travail : l'employeur a l'obligation de tout mettre en oeuvre pour les prévenir. Et un patron qui laisserait pourrir un conflit entre deux salariés, par exemple, peut être lourdement condamné.

Le harcélement : le cas courant

Le cas typique, c'est le salarié qui s'estime harcelé par son chef de service. Le climat se tend, le dialogue se fige, les arrêts maladies s'enchaînent... Ca coûte de l'argent à l'entreprise. Les employeurs commencent à comprendre qu'une bonne médiation vaut mieux qu'un long procès  : elle est plus rapide - dix heures en général - moins chère - deux à trois mille euros le plus souvent - et elle permet de rétablir le dialogue. Mieux, elle instaure une culture de l'écoute.

La médiation se développe aussi alors que le conflit est déjà engagé devant la justice. Quand le salarié ou l'employeur fait appel d'un jugement des prud'hommes, le juge peut leur proposer de se retrouver devant un médiateur. A Lyon, par exemple, une permanence de médiateurs se tient régulièrement à la cour d'appel. Dans quatre vingt pour cent des cas, selon un avocat-médiateur, ces ennemis irréconciliables fniissent par déposer les armes.

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