La grande galère des salariés aidants familiaux

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C'est la vie quotidienne au travail de quatre millions de salariés dont la vie est tiraillée entre leur boulot, leurs enfants... et les soins qu'ils donnent à un parent malade ou dépendants. On les appelle les "aidants familiaux". C'est leur journée nationale aujourd'hui.

Une femme, de quarante cinq à cinquante ans, des enfants toujours à la maison et un père ou une mère dont il faut s'occuper : c'est le portrait robot de l'aidant familial dont on célèbre aujourd'hui la journée nationale. On compte quatre millions de salariés aidants en France. Quinze pour cent des salariés du secteur privé doivent prendre soin d'un membre de leur famille dépendant ou malade. Une proportion qui a doublé ces quatre dernières années. Et qui est appelée à exploser, avec l'allongement de la durée de la vie.

Les aidants familiaux, qui sont donc à près de soixante pour cent des femmes, sont épuisés. "Aider, c'est prendre deux vies sur une seule épaule", explique Minette, sur le forum de son entreprise d'assurance. Natixis finance un site, aideautonomie.fr qui permet de s'informer et surtout de sortir de son isolement.

Parmi les aidants qui estiment que leur soutien est une charge, neuf sur dix se disent épuisés moralement. La moitié affirment que cette situation affecte leur santé. Un sur cinq a renoncé à des soins. La plupart font passer leurs loisirs, voire leur famille au second plan. Le tout en silence.

Pour l'entreprise, le résultat, c'est un absentéisme anormal. Les managers peuvent penser que le salarié est moins motivé. Il est tout simplement au bout du rouleau.

Alors que faire ? Certaines entreprises souscrivent à des offres complètes. Un questionnaire en ligne, anonyme, pour savoir où on en est par rapport à sa charge de famille. Car beaucoup de salariés aidants n'ont même pas conscience de leur état d'épuisement, explique le cabinet de prévention des risques Psya, spécialisé dans ce domaine. Le service met à disposition du salarié un psychologue et une assistante sociale. D'autres boites, plutôt des grandes, aménagent le temps de travail ou organisent le don de RTT - un droit réservé par la loi aux parents d'enfants malade. Des initiatives payantes : selon une enquête britannique, soutenir les salariés aidants réduit les congés maladies et l'absentéisme de plus de 80%.