Ils ont changé de vie. Jérôme, du journalisme à la restauration

Cet été, nous nous intéressons à des parcours de salariés qui ont changé de vie.  Jérôme Desvouges a quitté le journalisme pour se mettre aux fourneaux. Sans formation, le néo cuisinier est à la tête d'un petit bistrot parisien qui tourne bien.

Après dix années de presse écrite, pendant lesquelles Jérôme s'est spécialisé dans les nouvelles technologies, lorsque le métier change, en bon artisan, il estime ne plus pouvoir bien faire son travail. "Je trouvais que la manière dont on me faisait faire le métier n’était plus la bonne. On allait vers un journalisme low cost et je n'y trouvais plus tellement mon compte. Je n’avais pas envie qu’on me dégoûte du métier que je voulais faire."

"Aucune formation mais beaucoup d'envie"

À cela s'ajoute le plan social de trop. Le troisième. Une heure après son retour de vacances, Jérôme est dans le bureau de son directeur. Il lui annonce alors qu'il part pour ouvrir un resto. Une vieille ritournelle qui lui trottait dans la tête : "J’ai toujours adoré me mettre aux fourneaux, que ce soit pour les repas du quotidien, comme pour les repas de fête. Aucune formation et beaucoup d’envie."

>> Comment se reconvertir dans les métiers de la cuisine

Pas de formation et il ne va même pas chercher à en acquérir une, persuadé qu'il continue un peu à faire le même métier. "Finalement, j’ai trouvé que ce n’était pas très différent. C’est toujours raconter une histoire." Apprendre son nouveau métier, ce n'est pas cela son principal problème.

Ce qui m’inquiétais plus, c’était de trouver un lieu, le financer, me jeter dans le bain avec tous les aléas qui pourrait en découler à un moment ou un autre

Jérôme

à franceinfo

Jérôme sollicite une agence spécialisée. Il visite deux établissements. Il prend le moins cher. Un investissement à sa portée. "Tout dépend de ce que l’on veut faire, si on veut vivre normalement, sans chercher l’opulence ou rouler en Porsche, on peut trouver des petits endroits entre 100 000 euros et 250 000 euros, grand maximum." Après il faut payer le loyer, mais l'ancien journaliste a vu modeste, un endroit qui lui ressemble. "C’est le bistro de quartier par excellence. La façade est bordeaux. C’est dans son jus." 

L'amour de la cuisine et des gens

Jérôme est lui-même aux fourneaux, mais il adore aussi le contact avec les clients, toujours curieux des autres. "Avant le repas, je viens avec mon ardoise et je vous explique exactement ce qu’il y a dans chaque plat, parce que pour moi la cuisine c'est du 'Rabelais', c’est un plaisir littéraire. Moi qui suis un littéraire, je crois que le repas commence avec les mots." L'affaire tourne bien, les critiques sont bonnes, la reconversion est réussie parce que Jérôme a su rester lui-même. "Ce qui m’a vraiment servi, c’est le fait de ne pas être formaté par un métier. Je reçois les gens chez moi avec plaisir."

Vous êtes à nouveau en ligne