Gagne-t-on moins bien sa vie en CDD qu'en CDI ?

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Intuitivement, la balance penche pour le CDI, qui est paré de tous les avantages. Sauf que le ministère du Travail vient de faire ses comptes : les CDD ne sont pas si mal lotis.

Le ministère du Travail sait ménager son suspense. Il vient de dévoiler les résultats d'une étude intitulée : "Des CDD moins bien rémunérés que les CDI, d'où vient l'écart". Alléchant. On s'attendait donc à ce que soit exposées les raisons d'une double peine. Non seulement les CDD ont la précarité, mais en plus ils seraient moins bien payés que les salariés les plus installés.


Sauf qu'il n'en est rien. Quand on prend par exemple un homme cadre de 35 ans dans la banque – donc toutes choses égales par ailleurs, c'est très important de le noter – il n'y a pas d'écart de rémunération entre le précaire et l'embauché. Leur rémunération ne se décompose pas de la même façon, mais il y a par exemple la prime de précarité, que le CDD touche à la fin de son contrat, qui remet presque exactement les compteurs à zéro. Moralité, les patrons n'ont aucun avantage à embaucher en CDD, sauf bien sûr la possibilité de se séparer du salarié plus facilement.

Les CDD, 12% des salariés mais 85% des embauches

Si on prend, comme l'a fait le ministère du Travail, l'ensemble des CDD et l'ensemble des CDI, il y a des différences, c'est vrai. Si on prend leur rémunération brute horaire, les CDD gagnent 14% de moins que les CDI. Autre grosse différence : les éléments variables. Les primes, l'épargne salariale, les heures supplémentaires. Là aussi il y a un gros désavantage pour la population qui travaille en CDD. Qui touche beaucoup moins ces compléments de salaires. Mais, encore une fois, là où c'est trompeur, c'est que ces différences ne sont pas dues au fait seul d'être en CDD ou en CDI. Elles s'expliquent par le fait que les personnes en CDD sont en moyenne plus jeunes que les autres. Qu'elles ont une moindre ancienneté que les CDI. Qu'elles sont plus souvent dans des secteurs qui payent moins, comme la restauration par exemple. Et enfin qu'elle travaillent plus souvent à temps partiel. Si on enlève tout cela, "corrigé des variables saisonnières", 
CDD et CDI font jeu égal en termes de rémunération. Et pourtant, la plupart des embauches se font en CDD. Massivement. 85% des embauches sont des CDD. Un chiffre impressionnant qui ne doit pas faire oublier que le monde du travail est massivement dominé par les CDI. Les CDD ne représentent que 12% de l'effectif salarié.

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