Etes-vous prêt à investir dans votre entreprise ?

Tous les vendredis, dans "C'est mon boulot", on dresse le portrait d'anciens salariés, ou de tout jeunes gens aussi, qui se sont lancés dans la création d'entreprise pour créer leur propre emploi. Aujourd'hui, l'histoire de quelqu'un qui a racheté l'entreprise dans laquelle il travaillait. Mais pas tout seul.

Bertrand Challoy n'avait pas prévu de devenir un jour patron. Depuis vingt ans, il était responsable de la production à la Setco, une petite entreprise qui fabrique et installe des fenêtres, des vérandas, des stores, des volets, au Houlme, près de Rouen. A 44 ans, prendre les rènes de la boite ne faisait pas partie de ses rêves.

Ce projet collectif, c'est donc le rachat de l'entreprise par les salariés réunis en Scop, société coopérative et participative.

La Scop, ça évoque surtout les entreprises en difficultés. Mais la petite Setco, elle, avec ses trois millions deux de chiffres d'affaires, ne va pas mal du tout.

Les cadres dirigeants sont d'abord informés. Puis ce sont les 28 salariés. Plutôt surpris par cette proposition. Seuls trois personnes ne participeront pas à la Scop. Les 25 autres réunissent plus de 80.000 euros.

Ils investissent entre deux et cinq mille euros chacun. La région double la somme. Les banques suivent. Et quand il a fallu trouver quelqu'un pour prendre la tête de la société, à côté du patron qui passait progressivement la main, c'est vers Bertrand Challoy que tout le monde s'est tourné.

Bertrand a donc été élu pour quatre ans, à l'unanimité. Alors qu'est-ce que ça change de diriger une entreprise quand on est porté à sa tête par ses collègues, et quand tout le monde ou presque est actionnaire ? Pour le nouveau patron, pas de doute, ça crée une nouvelle dynamique. Parmi les raisons de cette motivation, il y a le fait que les scop redistribuent à leurs salariés actionnaires en moyenne 40% de leurs bénéfices.

Des Scop, il n'en existe que deux mille en France.

Une Scop c'est une entreprise qui appartient à ses salariés, qui est contrôlée et dirigée par les gens qui y travaillent.

Le fonctionnement y est démocratique : une personne égale une voix. Pour autant, la Scop, c'est avant tout une entreprise : ça n'est pas l'assemblée générale permanente. Pour apprendre son nouveau métier de chef d'entreprise et presque de "chef de bande", Bertrand Challoy a commencé une formation à l'école des jeunes dirigeants du bâtiment.

Mais aujourd'hui, six mois après le début de la Scop et de sa nouvelle vie de patron élu, pas de regrets.

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