Elus du personnel : des hommes, plutôt âgés, en mal de promotion

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Les grandes entreprises ont encore un an pour le mettre en place le nouveau CSE, le Conseil social et économique. Le ministère du Travail se saisit de cette occasion pour dresser le portrait des élus du personnel.

Le CSE doit être mis en place d'ici un an dans les grandes entreprises. Le Conseil social et économique remplace les représentants élus du personnel dans l'entreprise. L'occasion de tirer le portrait de l'élu du personnel qui est grosso modo un homme, plutôt agé avec beaucoup d'ancienneté dans l'entreprise. C'est le portrait-robot établi par la Dares, l'organisme statistique du ministère du Travail. Qui s'est penché sur les 600 000 élus du personnel, soit 6% du total des salariés, sur leur profil, sur leur crainte et sur leur moral.

Un milieu très masculin, voire machiste

Les deux tiers d'entre eux n'exercent qu'un seul mandat. Et c'est donc un milieu très masculin. Les femmes ont déjà du mal à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Rajouter à ça un mandat électif, ça devient de l'équilibrisme. Mais la Dares parle aussi de "cultures syndicales".  De "milieux historiquement dominés par des hommes". D'un "mandat de délégué syndical plus souvent confié à des hommes". Bref, clairement, entre les lignes, d'un certain machisme.

Les deux-tiers des élus du personnel ont entre 40 et 59 ans. Seulement 6% ont moins de 30 ans. Le mandat électif va avec une certaine ancienneté dans l'entreprise. Au moins douze ans, là encore pour les deux-tiers d'entre eux. On trouve plus d'employés et d'ouvriers parmi les élus du personnel. Les cadres, eux, sont peu souvent représentants du personnel... mais quand ils le sont ils cumulent plus que les autres les casquettes.

Seulement un élu sur deux est également syndiqué

Un peu plus d'un élu du personnel sur deux seulement appartient à un syndicat. Pourquoi ? Parce qu'il y a une vraie crainte des conséquences, souligne la Dares. On trouve quand même 15% des représentants du personnel qui disent que l'appartenance à un syndicat peut nuire à leur carrière. Et ils semblent avoir raison ! Les représentants du personnel syndiqués sont plus nombreux que les autres à ne pas avoir bénéficié de promotion. Plus que les autres ils craignent pour leur avenir. Ils considèrent qu'ils ont moins de chances que les autres d'avoir une augmentation. Dans les faits, ça se vérifie : seuls 15% des délégués syndicaux déclarent avoir bénéficié d'une promotion au cours de ces trois dernières années.

Problème quand même, qui ne va pas remonter leur moral : il arrive assez souvent que leur présence soit purement et simplement ignorée de leur collègues. La Dares sort ce chiffre étonnant : un tiers des salariés qui assurent ne pas avoir de représentant du personnel ont en réalité bel et bien des élus. À se demander si le jeu en vaut bien la chandelle...

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