Deux salariés sur cinq touchés par un changement qu'ils jugent trop rapide dans leur entreprise

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Selon une étude menée auprès de 28 000 personnes, 44% des salariés déclarent avoir le sentiment d'être dépassés par des changements trop rapides. 

Le monde du travail change de plus en plus vite. Et les travailleurs s'estiment souvent dépassés. C'est ce qui ressort d'une nouvelle étude menée par le ministère du Travail avec l'Insee. Ces changements ne sont pas toujours jugés positifs. C'est le sixième et dernier volet d'une très vaste étude menée par des enquêteurs de l'Insee auprès d'un impressionnant échantillon de 28 000 personnes.

Restructuration, déménagement, organisation du travail,...

On n'est pas dans un sondage, mais dans une vraie recherche scientifique, réalisée en 2015 et en 2016. Les résultats ne nous parviennent que maintenant. Ils ont été compilés et éclaircis par le site Actuel RH, spécialisé dans les ressources humaines. Et ils viennent prouver tout ce que l'on dit sur la transformation du monde des entreprises, sur le changement des organisations. On sent bien que ces dernières années ça s'accélère, et cette enquête le confirme. Elle dit que pas moins de 40% des travailleurs ont été touchés par un changement pendant l'année en cours. En l'occurence c'était 2016.

Quels changements ? Une restructuration, un déménagement de l'entreprise, un changement dans l'organisation du travail ou, à titre individuel, un changement de poste ou l'obligation d'utiliser une nouvelle technique de travail. Et ils sont 40% des salariés, deux salariés sur cinq, à déclarer avoir été touchés par un changement de ce type, profond, au cours d'une seule année. C'est massif et ça dit clairement que le monde du travail est en pleine ébullition. Numérisation, internationalisation, concurrence, importance du client, tout cela secoue les entreprises et leurs salariés.

Des changements redoutés

Comment réagissent les salariés à tous ces changements ? Réponse : ça va trop vite ! Près d'un sur deux, 44%, déclarent avoir le sentiment d'être dépassés par des changements trop rapides. Des changements qu'ils disent "imprévisibles et mal préparés" dans une grande proportion. Les trois-quarts des cadres, notamment, disent vivre des changements "imprévisibles et mal préparés". C'est beaucoup moins chez les ouvriers, mais c'est quand même une personne sur deux. Et évidemment une question se pose : ces changements ont-ils débouché sur du positif ou du négatif ? Ils sont un tiers, 32%, à dire "du négatif".

Un quart des 28 000 salariés interrogés craignaient en 2016 pour l'avenir de leur emploi. Notamment une crainte de mutation contre leur volonté. C'est surtout valable chez les professions intermédiaires, au milieu de l'échelle sociale, ce qui confirme une "polarisation de l'emploi" souvent décrite, qui veut que ça aille mieux aux deux bouts de l'omelette, cadres et ouvriers, qu'au milieu. Ce changement d'emploi, redouté par une bonne partie des salariés, pourrait être pour du mieux. Sauf que 48% des personnes interrogées pensent qu'il leur sera difficile de retrouver un poste similaire et un salaire équivalent. D'où cette crainte du changement, qui ressort de cette vaste enquête.

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