De plus en plus de personnes handicapées se tournent vers la création d'entreprise

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C’est la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Le taux de chômage est pour elles deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Elles se tournent donc de plus en plus souvent vers la création d’entreprise.

La crise sévit encore plus durement pour les personnes handicapées qui cherchent un travail. 21% d’entre elles sont au chômage. Au point que de plus en plus se découragent de décrocher un emploi salarié et se tournent vers la création d’entreprise.

D’autant qu’elle peuvent y être aidées. L’Agefiph, l’organisme qui collecte la pénalité auprès des entreprises qui ne respectent pas l’obligation d’employer 6% de travailleurs handicapés se sert de ce pécule pour donner un coup de pouce à ceux qui veulent créer leur petite structure. Concrètement, c’est un don de 6.000 euros à toute personne handicapée qui présente un projet d’entreprise viable, à condition d'avoir 1.500 euros d'apport personnel.

Créer son entreprise, seul moyen d'avoir un travail 

La création d’entreprise, pour une personne handicapée, c’est souvent le seul moyen d’avoir un travail. Mais c’est aussi la meilleure façon de changer le regard que les autres portent sur vous. C’est ce qui motive tous les jours Mathieu Deymonnaz. A 25 ans, il a créé une entreprise de travaux agricoles en Haute-Maurienne. Cloué dans un fauteuil roulant, il s’ennuyait dans les rares travaux de bureaux qu’on lui proposait. Il conduit aujourd’hui un tracteur, malgré son handicap.

"Le fait que je sois mon propre patron, en en plus dans ce milieu-là, c'est vrai que du coup les gens voient d'abord la personne et après le handicap, alors qu'avant c'était l'inverse. Quand vous êtes en fauteuil, le gens ne vous parlent que de votre fauteuil. Le fait qu'il y ait le travail, les gens vous parlent de votre travail, comme avec toute personne valide", explique-t-il.

Un handicapé moteur qui laboure, qui sème et qui déneige, c’est plutôt rare. Les personnes handicapées qui se lancent dans la création d’entreprise se tournent souvent vers les services à la personne et le commerce. Et elles sont plutôt doués ! Les trois-quarts de ces sociétés survivent après trois ans d’activité. C’est bien plus que le taux de survie moyen, qui n’est que de 65%.

Des coaches pour accompagner son projet  

Le secret, c’est l’accompagnement. En plus de la bourse de 6.000 euros, l’Agefiph peut prendre en charge un accompagnement. Le réseau BGE fait partie de ces "coaches". Avec un examen très poussé du projet, qui peut comprendre une véritable simulation pour savoir si le handicap ne sera pas un obstacle à la création d’activité. Et un suivi tout au long du processus de création. Une vraie relation de confiance qui s’instaure entre le nouvel entrepreneur et ceux qui le suivent. Un processus qui reste très sélectif : un projet d’entreprise sur cinq seulement bénéficie d’un tel suivi sur mesure.

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