Covid-19 : les chômeurs d'aujourd'hui sont plus jeunes et en moins bonne santé

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Un baromètre, qui suit l'évolution des chercheurs d'emploi depuis quatre ans, dresse le portrait-robot des chômeurs depuis le début de l'épidémie de coronavirus : ils sont plus jeunes, ils cherchent depuis plus longtemps et leur état de santé s'est dégradé.

C'est l'association Solidarités nouvelles face au chômage qui suit de près le profil et la santé des chômeurs. Elle en est à son quatrième baromètre, et ce suivi permet de voir comment la crise sanitaire liée au Covid-19 a touché les personnes en recherche d'emploi. Première conclusion, les chômeurs sont plus jeunes : 77% des chercheurs d'emploi ont moins de 44 ans. C'est neuf points de plus que l'an dernier. L'âge moyen du chercheur d'emploi a diminué : en 2018, il était de près de 39 ans. En 2020, il n'est plus que de 33 ans.

Pourquoi cet abaissement de l'âge moyen ? Parce les jeunes ont été les premiers frappés par la crise engendrée par l'épidémie de coronavirus. La chute brutale du nombre de CDD et de missions d'intérim les a touchés de plein fouet. C'était pourtant pour eux la voie d'entrée habituelle sur le marché du travail. Ces portes se sont fermées et les jeunes de 18 à 24 ans représentent près d'un tiers des chercheurs d'emploi. Là encore, la comparaison que permet la régularité de ce baromètre est intéressante : les jeunes sont 32% des demandeurs d'emploi aujourd'hui, alors qu'ils n'étaient que 24% en 2018.

Une durée de chômage plus longue

Autre enseignement, le chômage dure plus longtemps : 55% des demandeurs d'emploi recherchent un poste depuis plus de dix mois. Cette proportion ne s'élevait qu'à 51% en 2019. De la même façon, le nombre d'inscrits à Pôle emploi depuis plus de deux ans est en hausse ces dernières années. La crise a fait grimper la durée moyenne d'inscription, elle a gagné huit jours en un an.

La crise sanitaire a enfin touché la santé des personnes en recherche d'emploi : 19% d'entre eux disent que leur état de santé s'est, en général, dégradé depuis le début de l'épidémie. C'est beaucoup plus que chez les personnes en emploi. C'est d'abord du stress, de l'anxiété et des crises d'angoisse. Des maux que ressentent aussi les travailleurs. Mais ce qui différencie les deux populations, c'est la dépression, le sentiment d'isolement et les impacts psychiques. Tout cela est beaucoup plus fort chez les chômeurs. Ils notent aussi, bien plus que les autres, des problèmes d'appétit, de prise ou de perte de poids et de troubles du comportement alimentaire.

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