Covid-19 : la découverte brutale du chômage partiel

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Comment la crise sanitaire a-t-elle bouleversé le monde du travail ? Jeudi, on se penche sur le chômage partiel. Jusqu'à 13 millions de salariés se sont retrouvés en activité partielle au mois de juin, soit près de la moitié des Français ayant un emploi.

Le chômage partiel, l'activité partielle, on parlait aussi de chômage technique avant la crise sanitaire, a connu un succès, si l'on peut dire, fulgurant. On est passé de près de deux millions de personnes fin mars à 11 millions fin avril et finalement 13,3 millions au mois de juin. Les derniers chiffres officiels sont ceux d'août car ceux de septembre seront publiés la semaine prochaine. Il y a aujourd'hui dix fois moins de salariés au chômage partiel qu'au plus fort de la crise : 1,3 million de personnes "seulement". Le chômage partiel a fait irruption dans le monde du travail, même si le dispositif était en place depuis 2013. Il est devenu l'incontournable "amortisseur" qui a permis de limiter la casse. De ne pas envoyer des centaines de milliers de salariés à Pôle emploi. De conserver dans les entreprises les compétences et le savoir-faire. En cela, il a prouvé son efficacité.

Le chômage partiel modifié pour s'adapter aux circonstances

Le chômage partiel dans sa version originelle est plus contraignant et plus lourd pour l'entreprise. À l'origine, c'est l'employeur qui doit payer les 70% du salaire brut de ses salariés. L'État et l'Unedic se sont substitués à l'employeur. Ils lui remboursent cette somme. Dans la version d'avant crise, ce sont tous les salariés d'une entreprise qui peuvent être mis en activité partielle. Désormais, cela peut être une mesure individuelle. Autre aménagement, de nouvelles catégories de salariés sont devenues éligibles au chômage partiel : salariés à temps partiel, au forfait jour, intérimaires, VRP, employés à domicile, saisonniers. Les guichets ont été très largement ouverts, d'où l'explosion des chiffres.


La rançon du succès, ça a été aussi les fraudes. Le système était tellement simple – les entreprises bénéficiaient d'une acceptation tacite de la part de l'administration passé quarante-huit heures – que les tentations de frauder ont été fortes. Le ministère du Travail a chiffré à 225 millions – sur un total de 30 milliards engagés – le montant de ces fraudes. Certains escrocs se sont faits passer pour des entreprises en difficulté. Et surtout, des entreprises ont déclarés leurs salariés comme étant en chômage partiel alors qu'elles leur demandaient bel et bien de travailler, le plus souvent à distance. 270 000 contrôles ont été menés et plus de la moitié des sommes indûment versées ont été bloquées ou récupérées.

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