Chantiers navals : commandes records mais grandes difficultés de recrutement

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Pour construire les deux paquebots aux Chantiers de l'Atlantique, il va falloir des soudeurs, des chaudronniers, des électriciens, des tuyauteurs, etc. Des professions très recherchées.

On revient sur la méga commande passée aux Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire : deux paquebots de 6 700 passagers chacun, qui vont générer quelque 2 400 emplois pendant trois ans et demi. Seulement voilà, en France, toute la filière de la construction navale connaît de très grandes difficultés de recrutement.

Comment faire face aux commandes ? La politique des Chantiers de l'Atlantique, c'est d'accepter les nouveaux contrats, et de régler les problèmes de ressources humaines ensuite. Quitte, comme toute la filière, à faire appel à des travailleurs détachés, faute de trouver les compétences sur place. Car, comme le géant de Saint-Nazaire, c'est toute une filière qui s'arrache les cheveux pour recruter. La faute, pendant les trente dernières années, à des revers industriels, à un avenir qui ne paraissait pas assuré, à des conditions de travail difficiles. Aujourd'hui, assure le Gican, un organisme qui regroupe 200 entreprises du secteur, tout a changé : le futur est prometteur et ça n'est plus Germinal sur les chantiers. Mais le message a du mal à passer. Les classes de chaudronniers ou de soudeurs ne sont pas remplies et les bassins d'emploi où se situent les grands chantiers – Boulogne-sur-mer, Saint-Malô, Cherbourg, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, Toulon, Marseille et La Ciotat – ont déjà fait le plein auprès de tous ceux qu'elle pouvait attirer. Il faut aller chercher ailleurs.

On manque de soudeurs, de chaudronniers, d'électroniciens...

Les problèmes de la construction navale sont les mêmes que ceux de l'industrie française en général. On ne trouve pas assez de soudeurs, de chaudronniers - on réfléchit d'ailleurs à changer de nom pour ce métier qui attire peu – d'électroniciens, d'électriciens, de tuyauteurs, et, au niveau ingénieur, d'architectes navals, d'ingénieurs en big data et en cybersécurité – pour ces deux derniers métiers, d'ailleurs, la pénurie est nationale et concerne tous les secteurs d'activité. Problème, la construction navale est dissiminée sur la façade maritime et pas concentrée, comme l'aéronautique, sur un ou deux grands bassins d'emploi. Les techniciens doivent donc être mobiles. Ça n'est pas un problème pour un cadre. Plus difficile, en revanche, pour des ouvriers spécialisés. Les industriels veulent séduire les jeunes, et les femmes. Ils mettent en avant l'utilisation des nouvelles technologies sur les chantiers. L'usage des tablettes tactiles, de casques de réalité virtuelle, de la 3D, de la modélisation numérique.

Le groupement des industriels parle de seize métiers en tension immédiate et urgente. De 10 000 recrutements dans les dix prochaines années, sans compter les 2 400 postes aux Chantiers de l'Atlantique. Mais la DRH de Naval Group, le leader de l'industrie navale millitaire, parle de 12 000 recrutements dans les dix ans, dont beaucoup se feront à l'étranger.

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