Ces métiers qui n'arrivent pas à recruter

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Les chiffres du chômage du mois de septembre sont attendus pour ce soir. Il vont rester élevés, et pourtant certains métiers sont boudés par les Français ou plutôt sont "en tension" : les entreprises peinent à recruter les spécialistes qu'elles recherchent. Au premier rang : décolleteur.

Qui veut devenir décolleteur ? Pas grand monde apparemment. Décolleteur, c’est même LE métier qui reçoit le moins de candidatures. Cinq réponses pour une offre, exactement, selon le palmarès du site d'emploi Jobintree, qui sort ce matin même. Un classement qui reflète les « difficultés de recrutement » des entreprises, malgré un niveau élevé de chômage. Soit parce qu’on ne forme pas assez de ces spécialistes très demandés, soit parce qu’ils ont déjà du boulot. Comme le fameux décolleteur.

Le décolleteur, c’est un ouvrier spécialisé de l’industrie. Il fabrique des pièces de précision, des écrous, des vis ou des axes. Les décolleteurs fournissent l’aéronautique, l’automobile ou l’électronique. Stratégique, mais pénurique.

Six autres métiers de l’industrie ou du bâtiment se placent dans ce classement des annonces qui ne reçoivent pas assez de réponses. Dans l’ordre staffeur - c’est celui qui utilise le plâtre pour fabriquer des ornements - pontier - il est proche du grutier - ingénieur automobile, plâtrier, carrossier et canalisateur, celui qui installe des canalisations, bien sûr.

Si les employeurs ont du mal à les recruter, c’est d’abord parce que beaucoup partent à la retraite et qu’il faut dix ans pour former un jeune. C’est aussi parce ces entreprises sont souvent en région, loin des grands bassins de population et que la mobilité, en France, ça n’est pas encore ça. Mais c’est aussi parce que les salaires ne font pas rêver : pour le fameux décolleteur, mille sept cent euros au départ, deux mille deux cent en cours de carrière. Sans compter que l’on travaille en deux huit, voire en trois huit.

La pénurie de ces spécialistes de l’industrie - dans la métallurgie notamment - n’a donc rien à voir avec le nombre important de chômeurs. L’offre et la demande ne sont simplement pas en phase, dans le marché du travail en France. On n'en forme pas assez, il y a une crise des vocations, et on est en plein départs en retraite des baby-boomers.

Dans le classement Jobintree, le numéro trois est… kinésithérapeute. Quand une maison de retraite ou une clinique en cherche, elle a un mal fou à obtenir des candidats. Ils sont tous en poste ! Malgré le vieillissement de la population, on manque de kinés en France. Résultat, la moitié des cinq mille kinés qui s’installent chaque année viennent d’un autre pays d’Europe ! On pourrait en former davantage, offrir des jobs à deux mille cinq cent jeunes français chaque année, certes en concurrence avec les étudiants de l’espace européen. Oui mais voilà, il y a un numérus clausus. Une restriction qui est justement dans le collimateur du gouvernement.