Autorité : comment ne pas devenir "un petit chef"

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88% des Français se plaignent des petits chefs. Un militaire explique la différence entre autorité et autoritarisme.

Souffrez-vous de l'autoritarisme d'un "petit chef" ? Selon une étude qui parait aujourd'hui, c'est le cas de 88% des Français. L'occasion de se demander ce qu'est, aujourd'hui, l'autorité en entreprise.


Il y a trop de petits chefs. Les femmes sont encore plus nombreuses que les hommes à le penser. 89% d'entre elles ne les supportent pas. C'est ce qui ressort d'un sondage Opinionway pour Dropbox. Pour autant, les salariés ne rejettent pas la notion même d'autorité. Les trois-quarts d'entre eux pensent qu'on en a besoin en entreprise. Mais de quelle autorité ? Nous avons posé la question à un ancien officier. Jean-Vincent Raymondis a dirigé des troupes en Yougoslavie, au Kosovo, en Afrique, et il encadre aujourd'hui une entreprise de 1 500 personnes. Pour lui, la limite entre autorité et petit chef est très claire : "Il y a un point que j'ai appris dans l'armée et que j'utilise beaucoup dans les autres environnement, c'est ce qu'on appelle dans l'armée la subsidiarité, c'est à dire que celui qui décide doit décider au niveau où il est. Dans le monde de l'entreprise aujourd'hui, avec l'immédiateté, les clients qui sont très présents, on doit prendre de plus en plus de décisions et de plus en plus vite. On ne peut pas laisser un client en attente deux ou trois jours pour prendre une décision. Le rôle du manager c'est de donner de l'autonomie individuelle et collective aux équipes pour pouvoir prendre ce niveau de décision. S'il descend sur des sujets du quotidien, les sujets sur lesquels les équipes doivent lever le doigt pour demander quelque chose, là on est dans cette logique de petit chef".

Plus vrai dans le public que dans le privé

Un écrasante majorité de salariés sondés, 84%, estiment que trop de petits chefs abusent de leur autorité en entreprise. C'est encore plus vrai dans le public que dans le privé. Pour l'ancien militaire Jean-Vincent Raymondis, le problème, c'est justement de vouloir tout contrôler, tout prévoir : "On fait un plan, et face à des forces non organisées, terroristes, rien ne se passe comme prévu. Et c'est vrai aussi dans l'entreprise. Et donc si on n'a pas défini l'intention, ce qu'on veut obtenir, ce qu'on veut faire, à quoi on sert, quel est notre service, les équipes ne pourront pas faire des choix. Ce que j'ai découvert c'est qu'au début quand on prend des postes de management ou de commandement, on veut tout imaginer. Et on apprend qu'il faut déléguer à des personnes qui ne sont pas managers en leur disant, voilà l'intention, voilà ce qu'on veut obtenir et vous avez la possibilité de ne pas respecter un process, de ne pas suivre une règle, si vous respectez l'intention, si vous êtes au service de ce qu'on doit atteindre, vous pouvez le faire".

Uoujours selon ce sondage, l'abus d'autorité crée de l'anxiété, nuit à l'épanouissement et à la productivité. Mais heureusement 92% des Français estiment que l'autorité en entreprise sera amenée à évoluer.

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