C'est mon boulot. Retour au travail des personnes vulnérables, la polémique n'est pas éteinte

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Une semaine après la publication du décret qui oblige la plupart des personnes vulnérables à retourner au travail, la colère ne faiblit pas chez les associations de malades. Elles espèrent que le gouvernement répondra favorablement à leurs demandes.

Bien que le coronavirus continue de circuler en France, les personnes vulnérables ont de nouveau l'obligation de retourner au travail. Un décret publié par le gouvernement les y oblige depuis une semaine. 

De l'aveu de France Asso Santé, qui regroupe 85 associations de malades, la nouvelle a surpris et en laissé certains sans réaction. Mais, maintenant que le texte est sorti, dimanche dernier, la polémique enfle et l'affaire n'est pas enterrée. Elle est maintenant sur le bureau du ministère du Travail. France Assos Santé, fer de lance de cette lutte, attend des réponses, y compris de la part de Matignon, dans les jours qui viennent.

Un décret gouvernemental qui change les règles

Le décret gouvernemental réduit drastiquement la liste de personnes qui peuvent rester en chômage partiel parce qu'elles sont plus susceptibles que les autres d'attraper le coronavirus, ou de développer des formes graves de la maladie. Dans un premier temps, seuls les immunodéprimés pouvaient continuer à bénéficier d'une exemption de retour au travail. Mais les associations de malades ont obtenu qu'elle soit étendue aux dialysés, aux insuffisants rénaux sévères et aux personnes de plus de 65 ans présentant un diabète, une obésité ou des problèmes vasculaires.

Tous les autres, y compris les femmes enceintes au troisième trimestre, les personnes atteintes d'un cancer ou d'une pathologie chronique respiratoire doivent reprendre le chemin du travail. Le ministère de la Santé considère qu'elles ne courent pas plus de risques au travail qu'ailleurs. "On a l'impression qu'on n'existe plus" réagissait sur franceinfo certains salariés la semaine dernière. 

France Asso Santé formule quatre demandes

France Assos Santé souhaite tout d'abord que s'instaure un droit au télétravail opposable, c'est à dire que le télétravail s'impose pour toutes les personnes vulnérables et leurs proches, et que l'employeur ne puisse le refuser qu'en motivant sérieusement sa décision. La seconde demande de l'association est que les salariés vulnérables aient un accès prioritaire au médecin du travail. France Asso Santé souhaite également que le transport de ces personnes soit pris en charge de manière à leur éviter de prendre les transports en commun si la distanciation physique ne peut pas être respectée. Un dispositif similaire existe déjà pour les personnes handicapées, mais il n'est pas facile à obtenir et n'a pas vocation à s'étendre.
La dernière revendication concerne la protection contre le licenciement. Un statut protecteur pour les personnes vulnérables, comme celui qui existe pour la femme enceinte, mais pendant un temps plus long. Autour de ces revendications, et contre le décret gouvernemental, des pétitions fleurissent sur internet. Le dossier est loin d'être clos.

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