C'est mon boulot. Peu de salariés prêts à lancer une alerte

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Si un problème d'éthique, de corruption, par exemple, survenait dans leur entreprise, les salariés français seraient-ils capables de se transformer en lanceurs d'alerte ? La réponse est : de moins en moins. Un baromètre que franceinfo présente en exclusivité.

En France, les salariés seraient peu nombreux à devenir lanceurs d'alerte en cas de difficultés au sein de leur entreprise, en termes de corruption ou bien d'éthique. Ils sont même de moins en moins nombreux, selon un baromètre que franceinfo présente en exclusivité.

Luxleaks, UBS, Mediator : les affaires récentes impliquant des salariés qui alertent sur les agissements de leur entreprise ont eu une grande influence sur leur capacité à monter en première ligne. D'autant que les lanceurs d'alerte ont eu maille à partir avec la justice. Le résultat se lit dans le dernier baromètre du Cercle éthique des affaires, dévoilé lundi 16 janvier : seuls 25% des salariés des grandes entreprises se disent prêts à lancer une alerte s'ils apprenaient un manquement à l'éthique de la part de leur employeur. L'an dernier, dans ce même baromètre, ils étaient 46% à se déclarer prêts à monter au créneau. Les affaires judiciaires ont clairement fait l'effet d'une douche froide.

Donner l'alerte parait risqué

L'étude révèle un manque de confiance des salariés envers leur entreprise. Notamment pour garantir leur anonymat s'ils tiraient la sonnette d'alarme. Cette chute de confiance est spectaculaire : –25% par rapport à l'an dernier. Dans le même temps, et c'est logique, ils sont de plus en plus nombreux à trouver qu'il est risqué de lancer une alerte. Ils sont 87% dans ce cas, soit 23% de plus que l'an dernier, lors du précédent baromètre. Ce qui les rassurerait ? Dans l'ordre, avoir la garantie absolue que leur anonymat soit respecté, pouvoir changer de poste ou de service et que les frais d'avocat soient pris en charge.

On constate cette frilosité alors que la loi Sapin 2 vient de créer un statut du lanceur d'alerte. La nouveauté, c'est qu'elle le protège, en lui garantissant justement l'anomymat. Mais dans le même temps elle lui demande d'aller d'abord dénoncer le problème à sa hiérarchie. Le Cercle éthique des affaires, qui a piloté ce baromètre, plaide pour sa part pour la généralisation dans les entreprises d'un poste baptisé directeur de l'éthique et de la conformité, que l'on peut aussi appeler déontologue. La totalité des entreprises du CAC40 en ont un, mais c'est un métier nouveau, très peu répandu dans les entreprises de taille intermédiaire et dans les PME.

En bref

Le classement des pays les plus accueillants pour les travailleurs LGBT (lesbiens, gays, bi et trans). C'est dans le nord de l'Europe qu'il fait le meilleur travailler pour ces salariés : la Norvège, suivie par la Finlande, la Belgique, l'Allemagne et la Suède. La France n'arrive qu'à la 11e place de ce classement réalisé par Expert Market.

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