Au Japon, quand il fait chaud, les salariés tombent la veste

Le "cool biz" est une incitation gouvernementale à s'habiller léger et à régler la clim sur 28 degrés.

Alors que la canicule bat son plein en France et qu'on se demande comment s'habiller pour aller au bureau, le Japon vient de débuter la saison du "cool biz". Une parenthèse dans l'année pendant laquelle les salriés sont invités à porter des vêtements plus légers. 

L'expression "cool biz" peut évoquer plusieurs choses. Tout d'abord, le terme "Biz" renvoie au business, bien sûr, et le terme "cool", quant à lui, signifie "décontracté" en français, mais évoque aussi l'idée de fraîcheur. Tout laisse alors à penser que le "cool biz", c'est le bureau relax couplé avec l'entreprise fraîche.

Adopter un style à la cool 

Pourtant, la fraîcheur n'est pas la caractéristqiue principale de l'entreprise. En effet, le ministère de l'environnement invite les entreprises à faire deux choses pendant les mois d'été. La première, régler la température des climatiseurs à 28 degrés. Je vous disais cependant hier qu'une étude américaine avait fixé à 24 degrés la température idéale pour jouir d'une productivité maximale.

Mais cette limite a été décidée pour faire des économies d'énergie. Les climatiseurs consomment de l'électricité, ils renvoient de la chaleur à l'extérieur et contribuent à l'effet de serre. Parallèlement, les entreprises sont invitées - invitées simplement car le "cool biz" n'est pas obligatoire - à inciter leurs salariés à s'habiller plus légèrement, pour s'adapter à cette nouvelle température.

Adieu les costumes-cravates et les tailleurs sombres. Place aux jeans, aux pantalons de toiles, aux tee-shirts, aux polos, et même aux chemises de type hawaïenne. En bref, il faut s'habiller hyper cool. Le ministère de l'environnement encourage aussi les entreprises à installer des "rideaux verts", c'est-à-dire des plantes qui font de l'ombre le long des fenêtres. Au Japon, les températures sont montées à plus de 40 degrés l'été dernier.

Harcèlement olfactif 

Le "cool biz" vient de remporter une victoire avec l'une des trois "méga banques" japonaise, la SMBC, qui vient de permettre à ses salariés qui ne sont pas en contact avec le public de venir travailler en polo et en baskets.
Mais pour autant, la mesure ne fait pas l'unanimité. Au sein même du gouvernement, le ministre de la Justice veut revoir la température à la baisse alors que le ministre de l'Environnement fait de la résistance et s'accroche à ses 28 degrés.

Et puis, il y a les salariés eux-mêmes. Le Japan Times se faisait récemment l'écho d'une nouvelle notion apparue dans les bureaux, justement à la faveur du "cool biz", nommée le harcèlement olfactif. Selon un sondage, 61 % des salariés de Tokyo et d'Osaka mettaient les odeurs corporelles de leurs collègues au premier rang des choses qui les dérangeaient dans cette affaire de "cool biz".


Le harcèlement olfactif, soit le fait de subir les odeurs corporelles de ses collègues, nommé "sumehara" en japonais, est un sujet en vogue au Japon, à tel point qu'une cinquantaine d'entreprises a envoyé ses salariés en séminaire de "smell care", pour les sensibiliser à cette question délicate. 

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