Ils ont changé de vie : Anthony, des carlingues d'avions aux fauteuils à retaper

Cet été, nous nous intéressons à des parcours de salariés qui ont changé de vie. Anthony Mendizabal a délaissé la peinture des carlingues d'avion pour se mettre à son compte en tant que tapissier. Quelques mois seulement d'activité et son affaire dépasse ses prévisions. 

Dans la famille d'Anthony, on est mécanicien ou carrossier de père en fils. Lui a choisi les avions. Les salaires y sont meilleurs et on peut trouver de l'emploi sans difficulté. De quoi assouvir sa soif de changements fréquents. Anthony travaille en horaires décalés, souvent en deux-huit, alors il a du temps pour lui. Il s'attaque au fauteuil de sa grand-mère, dont il ne veut pas qu'elle se sépare. "C'était un objet atypique, pas comme les Voltaire ou les Louis XV comme on peut voir régulièrement. Ma grand-mère était originaire du Pays Basque, c'était un fauteuil particulier, assez lourd, sur lequel je me sentais bien" dit Anthony. Et là il se passe quelque chose : "Ça m'a parlé tout de suite, j'ai l'habitude de travailler avec mes mains, ça m'a amené du calme et de la patience et du coup j'ai ressenti le besoin d'en faire d'autres."

Anthony se forme tout seul

Anthony regarde des tutos sur internet, traîne dans les librairies spécialisées, achète une quantité de livres. La tapisserie, pour ce garçon très actif, a un côté presque méditatif, "et aussi la satisfaction de voir l'avant et l'après, d'avoir une vieille pièce qui raconte une histoire et du coup de lui en faire raconter une nouvelle". Et ça marche, ses amis aiment. Pas seulement ses amis. Anthony rencontre le succès avec ses créations. Ça lui donne des idées : "Au début, je retapais à mon goût et je revendais et ce qui m'a incité à me mettre à mon compte c'est que beaucoup d'amis d'amis m'ont demandé de travailler pour eux".

Anthony décide donc de ne pas renouveler ses missions d'intérim. Il fait des stages chez des tapissiers. Et il s'installe, en tant qu'auto-entrepreneneur, dans un atelier partagé, à Montreuil, dans la banlieue parisienne. Un bon plan pour se mettre le pied à l'étrier. Et du coup, pour Anthony, c'est la consécration : "Ça marche plutôt bien, je suis agréablement surpris parce qu'au début j'avais des doutes". À 34 ans, et au bout d'un an seulement d'activité, Anthony peut déjà se verser un petit salaire. Mais son business dépasse ses prévisions. Et ce qu'il a gagné, c'est tous les jours qu'il s'en félicite : "Ça m'a redonné le goût de me lever le matin !"

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