C'est ma santé. Les plantes à traire produisent des molécules utilisées pour la lutte contre l'ostéoporose

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Des plantes sont utilisées pour la fabrication de molécules indispensables pour les soins. Ces plantes poussent hors-sol. La substance produite par ses racines est recueillie avant d'être traitée.

Voici un monde étonnant : celui des plantes à traire. Elles sont cultivées par la société de biotechnologie végétale PAT, installée près de Nancy. Cette société extrait des plantes des molécules utiles pour la pharmacie et la cosmétique. On va extraire des molécules bio-actives de ces plantes un peu comme on trait une vache.

Les plantes sont cultivées hors-sol dans des serres installées sur trois hectares. Elles poussent sur des tables mobiles à trous. Leurs racines pendent sous les pots à l'air libre, sans contact avec le sol. Pour stimuler la production des molécules à extraire, chaque plante est traitée d'une manière particulière, nourrie avec un mélange nutritif adapté à chaque espèce qu'elle soit désertique ou de plaine. En réponse, la plante se met à secréter les molécules souhaitées en grande quantité au niveau de ses racines En plongeant ces racines à intervalles réguliers, environ tous les mois, dans une solution particulière on récupère ces précieuses molécules. On parle de traite parce que plusieurs récoltes sont réalisées dans l'année.

Des molécules naturelles 

Cette méthode de production permet d'obtenir des quantités importantes de substances avec des petites superficies de culture. Cette technique d'extraction présente un autre avantage de taille : les plantes ne sont pas coupées ou détruites pour prélever les molécules intéressantes. Certaines espèces sont même conservées pendant des années ce qui réduit considérablement l'impact sur la biodiversité. Quand on sait que 450 000 espèces végétales sont recensées sur Terre et que seulement quelques milliers sont exploitées on voit que les possibilités à venir sont énormes.

Des molécules pour la santé

Il y a deux ans, cette société a extrait d'une plante d'Amérique du Sud appelée Edulis. Une molécule rare pour une grande marque de cosmétique. Cette substance entre aujourd'hui dans la composition d'un soin anti-âge. Un autre extrait actif produit à partir de la plante Vitex negundo atténue les tâches pigmentaires sur la peau. Des molécules végétales tirées d'une plante mexicaine sont intéressantes pour lutter contre l'ostéoporose. Deux plantes fabriquent naturellement un anti-inflammatoire, une autre plante une molécule anti-cancéreuse.

Des molécules qui intéressent une firme pharmaceutique française. Et l'on comprend facilement pourquoi : elles sont difficiles à synthétiser chimiquement, et la collecte en milieu naturel est difficile car la quantité produite par chaque plante est très faible. Un accord a aussi été signé avec un groupe chimique pour produire des bio-pesticides pour lutter contre les champignons, certains insectes ou les mauvaises herbes. Aujourd'hui, la société nancéienne peut produire une trentaine de molécules bioactives d’origine végétale.