C'est ma planète. Que reste-t-il du Grenelle de l'environnement?

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Les anciens du Grenelle de l'environnement vont fêter les 10 ans de l'événement mercredi. Anne-Laure Barral, journaliste spécialiste de l'environnement, explique ce qui a marché et ce qui n'a pas marché lors de ce grand rendez-vous écologique.

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Mercredi 25 octobre, les anciens du Grenelle, dont Jean-Louis Borloo, Nicolas Hulot mais aussi les associatifs, les syndicats, les organisations patronales se retrouvent dans Paris pour fêter les 10 ans du Grenelle de l'environnement. C'est organisé par l’association Ecologie sans frontière qui a formé à l’époque du Grenelle l’alliance pour la planète pour que les ONG ne parlent que d’une seule voix.   

Le 25 octobre 2007, sous les ors de l'Elysée, le président à l'époque Nicolas Sarkozy, devant les 250 participants plus Al Gore venu en vedette américaine, conclue les deux mois de discussions inédites qui ont eu lieu. Des discussions sur le climat, la biodiversité, les transports, la santé environnementale, l'agriculture. Six groupes de travail de 40 membres chacun avec des ateliers où étaient représentés les associations environnementales ou de consommateurs, les collectivités locales et les professionnels tant du côté syndical que patronal. D'ailleurs aujourd'hui le conseil national de la transition écologique fonctionne encore ainsi. Et il a fallu beaucoup de salive à Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Environnement, pour organiser ses débats puisqu'avant cela, agriculteurs, industriels de la chimie de l'énergie et environnementalistes ne se parlaient pas.  Là, deux mondes très différents se sont mis dans une même pièce souvent pour se disputer mais aussi parfois pour se mettre d'accord.

Les grandes avancées du Grenelle

D'abord, la défense de l'environnement n'est plus seulement un thème porté par ceux qui aiment les oiseaux et les petites fleurs. C'est un argument économique qui a en particulier séduit le gouvernement de droite de l'époque avant cela ce n'était pas du tout un thème dont les partis politiques traditionnels s'étaient emparés. Ensuite avec les lois Grenelle 1 et 2, de grands objectifs ont été fixés pour réduire nos déchets mis en décharge, nos émissions de gaz à effet de serre, notre consommation de produits phytosanitaires. Les mauvaises langues vous diront que si on a rempli certains de ses objectifs c'est plus à cause de la crise économique que du verdissement de nos politiques publiques mais il y a quand même eu des avancées pour ne plus construire des bâtiments neufs trop énergivores, faire une taxe à la pollution sur les carburants, et si aujourd'hui certaines communes comme Paris, Lyon ou Grenoble ont les moyens d'améliorer la qualité de l'air en limitant la circulation des voitures c'est grâce au grenelle.

Énorme raté : l'écotaxe

L'écotaxe a été votée à l'unanimité pour la loi Grenelle 1, les transporteurs routiers avaient même obtenu l'éxonération de la taxe à l'essieu en prévision de cette nouvelle fiscalité et pourtant six ans après les Bonnets rouges et Ségolène Royal ont enterré cette mesure qui devait aider non seulement à financer la rénovation des routes mais aussi des projets de transports en commun. Nous devions convertir 20 % de nos surfaces agricoles en bio d'ici 2020, nous en sommes à peine à 6 %, nous devions réduire nos pesticides de moitié d'ici 2018. Finalement nous avons revu notre ambition à la baisse ce sera moins 25 % d'ici 2025. Nous gardons un objectif...

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