C'est ma planète. La France inverse-t-elle la courbe des pesticides ?

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En 2015, les ventes de produits phytosanitaires ont baissé de 2,7% par rapport à 2014, selon des chiffres donnés lundi 30 janvier dernier par le ministère de l'Agriculture. Un résultat encourageant mais qui doit encore être confirmé.

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La France reste encore la championne d'Europe des pesticides. Selon les chiffres publiés lundi 30 janvier par le ministère de l'Agriculture, le nombre de doses de produits phytosanitaires a baissé de 2,7% entre 2014 et 2015, après une hausse de 9% entre 2013 et 2014. Mais il ne faut pas crier victoire trop vite.

Si l'on regarde la moyenne sur trois ans, les doses ont augmenté sur la période 2013-2015 de 4,2% par rapport à la période 2012-2014. Il est donc encore difficile de dire si la baisse est dûe à un changement de pratique du côté des agriculteurs, ou bien tout simplement à la météo.

2015 a été une année très favorable. La viticulture notamment, qui utilise beaucoup de pesticides, n'a pas subi trop de maladies comme l'oïdium ou le mildiou. Il faudra donc attendre les chiffres de 2016 pour se prononcer, une année marquée par de grosses inondations au mois de juin. Et l'on sait que l’humidité favorise le développement de maladies et de parasites dans les cultures...

Moins de pesticides dans les collectivités 

Les ventes de pesticides baissent beaucoup dans les zones non agricoles - moins 14% entre 2014 et 2015 - grâce aux jardineries, mais aussi grâce à la baisse de l'usage de produits chimiques dans les parcs et les jardins publics. Les collectivités ont commencé à anticiper l'interdiction qui est entrée en vigueur cette année.

De plus en plus d’exploitations agricoles participent à l'expérimentation des fermes Dephy. Il y en a 3 000 aujourd'hui avec des agriculteurs qui tentent, à leur échelle, de réduire les traitements sur les cultures. Certains, en horticulture, ont réussi à les baisser de 33% en gardant une marge intéressante.

Ce n'est pas mal parce qu'aujourd'hui, beaucoup de cultures sont encore trop souvent pulvérisées : le record reste la culture de pommes, avec 34 traitements chimiques en moyenne, mais sont concernées également les cultures de vigne (jusqu'à 19 traitements), de pommes de terre (18 traitements pour éviter notamment qu'elles germent trop vite), ou encore de tomates avec 12 passages.

Le plan Ecophyto 2 sera-t-il mieux respecté?

Le plan Ecophyto envisage de réduire de moitié notre consommation de pesticides d'ici 2025. Au début, l'objectif était  2018, mais face à l'augmentation des ventes, le gouvernement a dû revoir sa copie. Stéphane Le Foll souhaite pour cela utiliser des "certificats d'économie de pesticides", un peu sur le modèle des certificats d'économie d'énergie.

L'idée est que les coopératives agricoles paient des conseillers pour aider les agriculteurs à consommer moins de produits. Si ça marche, elles seront récompensées par ces certificats, sinon elles devront payer des amendes à partir de 2022.

Mais ce dispositif a été attaqué par les fabricants de pesticides devant le conseil d'État. Pour eux, il ne faut pas réduire les tonnages. Quand on regarde ce qui est épandu par hectare, la France est dans la moyenne européenne. Mais la France a beaucoup de surfaces agricoles.

Aujourd'hui, on retrouve ces pesticides dans l'air et dans l'eau, ce qui pose problème pour la santé de notre environnement et donc la nôtre. C'est pourquoi la mise en place des certificats a été intégrée dans la loi Potier sur l'accaparement des terres agricoles. Le Sénat doit l'étudier mardi 7 février prochain.

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