C'est ma maison. Marché immobilier : les acheteurs veulent s’éloigner des agglomérations

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Quel est l’état du marché immobilier en cette rentrée ? Beaucoup de nouveaux acquéreurs ne veulent plus vivre dans les villes et cherchent à s'en éloigner, ils optent pour les  périphéries des grandes agglomérations ou la campagne. 

Le confinement et le déconfinement ont incité un certain nombre de personnes à quitter le centre des villes, pour s'installer à la périphérie des agglomérations ou à la campagne. Le marché immobilier en est évidement impacté. Charlie Cailloux conseiller juridique pour le site immobilier PAP.fr, précise aujourd'hui quel est l'état du marché immobilier en ce mois de septembre.

franceinfo : Est-ce que les acheteurs sont toujours autant attirés par la campagne ?

Charlie Cailloux : Oui, vous vous souvenez, c’était la grande tendance après le déconfinement, on constatait que les acheteurs voulaient profiter du télétravail pour s’éloigner du centre-ville des grandes agglomérations où les surfaces sont petites et où l’on manque évidemment d’espaces verts. Et cette tendance s’est poursuivie et s’est même renforcée durant l’été. Sur notre site en août, on a constaté que les recherches de logements à acheter progressent en moyenne de 83% dans la grande couronne. La Seine-et-Marne en particulier voit son attrait exploser : +118% de recherches par rapport à août 2019, alors que dans le même temps, les recherches de logements ont baissé de 5% à Paris.

Et ce regain d’intérêt pour la périphérie des agglomérations, ça a des conséquences sur les prix ?

Oui, les notaires d’île-de-France viennent de publier leurs chiffres pour le 2e trimestre 2020, ils constatent un ralentissement de la hausse des prix à Paris (ça augmente mais moins vite). En revanche, la hausse des prix s’accentue en petite couronne et avoisine 9%. Enfin, la grande couronne connaît désormais des hausses proches voire supérieures à de celles de la capitale (6% pour les appartements et près de 8% pour les maisons).

Et partout, on constate que les recherches autour des villes progressent plus que dans les villes elles-mêmes. Ainsi, quand Bordeaux progresse de 21%, la Gironde progresse de 70%. Quand Lyon progresse de 37%, le Rhône progresse de 86%. 

Est-ce que ces acquéreurs réussissent à obtenir un crédit, on entend beaucoup que les banques ont aggravé leurs critères ? 

Oui c’est vrai, les banques craignent les incidents de paiement lié à la crise économique. Selon le courtier Vousfinancer, le taux de refus de crédit est passé de 5% à plus de 10%. Elles exigent un apport personnel qui représente au moins 10% du projet, une durée maximale d’emprunt à 25 ans, et un taux d’effort qui ne dépasse pas 33% (autrement dit, vous ne devez pas consacrer plus d’un tiers de vos revenus au paiement de la mensualité).

Et puis, les banques sont très attentives à la situation professionnelle, donc évidemment le type de contrat que vous avez, mais aussi votre secteur d’activité. Ceux qui travaillent dans des secteurs d’activité durement touchés par la crise (tourisme, aérien, habillement, restauration, etc.) ont plus de mal à emprunter. Les banques regardent votre employabilité (c’est-à-dire votre capacité à retrouver un emploi si vous perdez votre poste actuel). Et puis, comme le bien que vous achetez, c’est leur garantie en cas d’impayé, elles sont attentives à la qualité et à l’emplacement du logement. Elles s’assurent que le bien pourra être revendu rapidement et à un bon prix en cas de problème.  

Et est-ce que, dans ce contexte, les taux d’intérêts remontent ?

Les taux restent très bas, très proches de leur plus bas niveau. En moyenne, sur 20 ans, on est à 1,30% contre 1,10% fin 2019. À titre de comparaison, on était à 1,40 fin 2018 et à 3,20 fin 2012. 

De particulier à particulier
De particulier à particulier (PAP.FR)

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