C'est dans ma tête. Une rentrée particulière

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Une rentrée singulière pour les enfants et les parents. Tout est différent dans un monde bouleversé par la pandémie.

Les enfants ont repris cette semaine le chemin de l‘école, et leurs parents, s’ils ne l’avaient pas déjà fait, celui de leur travail. Pour tous c’est donc, comme chaque année, la rentrée. Pourtant, il suffit de parler avec les gens autour de soi pour se rendre compte que cette rentrée-ci est vraiment très particulière. Et nous essayons de comprendre pourquoi avec la psychanalyste Claude Halmos. 

franceinfo : En quoi cette rentrée est-elle singulière ? 

Claude Halmos : La rentrée est, chaque année, le moment où nous devons, tous, retrouver les habitudes et les contraintes que la liberté des vacances nous avait permis d’oublier. Et il n’est pas rare que l’on s’en plaigne. Or, en cette rentrée 2020, tout est différent parce que, le monde que nous retrouvons ayant été profondément bouleversé par la pandémie, et les changements que nous avions pu espérer provisoires, s’avérant, puisqu’ils sont encore là, durables, le problème pour nous serait plutôt de ne pas pouvoir retrouver nos habitudes. Et c’est difficile à vivre.

Pour quelles raisons ?

Nous retrouvons un quotidien modifié par la pandémie : elle nous impose des gestes (lavage des mains, masques) auxquels nous devons faire, en permanence, l’effort de penser. Et elle nous en interdit d’autres (comme "la bise" pour se dire bonjour, par exemple). Ce qui est plus déstabilisant qu’il n’y paraît, car ces gestes habituels sont pour nous reposants (nous les faisons sans y penser) et surtout rassurants.


Ils sont des sortes de repères corporels, dont nous ne sommes pas conscients, mais qui participent d’un sentiment de sécurité intérieure dont nous avons besoin. Et plus besoin encore dans une période comme cette rentrée où nous rentrons, ni plus ni moins, dans l’inconnu. Par rapport à la pandémie (son évolution, sa durée), et par rapport à la situation économique : comment les entreprises vont -elles résister ? Comment va-t-on sauver les emplois ?


Le masque est d’ailleurs un symbole de cet inconnu : l’avenir s’avance masqué. Et cela explique (du moins en partie) les réactions négatives qu’il suscite, et qui sont souvent des réactions de défense par rapport à un danger dont on refuse d’admettre l’existence, parce qu’il fait trop peur.

Qu’est-ce qui peut nous aider ?

Quand on est confronté, comme nous le sommes, à des difficultés graves, il est important de ne pas nier, ni même minimiser leur gravité mais, au contraire, de la regarder en face. D’en prendre la mesure, et de chercher en soi, et autour de soi - car il est essentiel de s’appuyer sur les autres - les forces nécessaires pour l’affronter. 

C’est un combat et, comme tous les combats, il est difficile, mais on peut le gagner. Et même en sortir plus solide, parce que l’on se sera prouvé à soi-même que l’on était plus capable qu’on ne le croyait, de s’adapter, et de résister.

Et ce combat est important aussi pour les enfants, qui auront sûrement, étant donné l’évolution du monde, de grands changements à affronter. Et qui ont besoin que les adultes leur montrent, par leur exemple, que l’on peut continuer à vivre même si tout change autour de soi.

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