C'est dans ma tête. Un déconfinement entre joie et incertitude

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Dans deux jours, lundi 3 mai, les collégiens et les lycéens retrouveront leurs classes, et le confinement comme on le connaît sera terminé, mais la vie ne reprendra pas complètement bien sûr. Un sentiment d'incertitude étreint beaucoup de Français.

Dans deux jours, les collégiens et les lycéens retrouveront leurs classes, et le confinement sera terminé, mais la vie ne reprendra pas complètement. Le couvre-feu sera maintenu, les commerces "non essentiels" resteront fermés. 

franceinfo : Que représente, psychologiquement, cette situation où nous voudrions penser que cette fois est la bonne, et que le pire est derrière nous, tout en ayant néanmoins du mal à y croire ?    

Claude Halmos : Les annonces, hier, d’un retour progressif à une vie normale, ont rempli de joie beaucoup de gens, mais cette joie est loin d’être totale. La pandémie nous a obligés à faire, depuis un an, un chemin très particulier. Le premier confinement, nous l’avons tous pensé – et c’était nécessaire pour pouvoir le supporter – tout à fait provisoire. Et nous avons imaginé que sa fin marquerait le retour à une vie normale. Ce retour n’a pas eu lieu. Et un sentiment d’incertitude, très difficile à vivre, a commencé à s’installer, quant au moment où il pourrait avoir lieu.  

Le second confinement a fait grandir cette incertitude ; et le troisième semble nous avoir fait passer à un autre stade encore, où l’incertitude n’a pas seulement grandi, mais changé de nature.  

Que voulez-vous dire ?  

Beaucoup de gens semblent craindre aujourd’hui que nous soyons passés d’un monde dans lequel nous pouvions avoir des certitudes, à un autre dans lequel tout serait devenu si incertain, que l’idée même de certitude pourrait disparaître. Ils se sentent cernés par l’incertitude. Et il est vrai qu’elle est partout, et qu’elle porte sur tout : la situation économique, la situation sanitaire.

Nous sommes dans l’incertitude quant à la progression de la vaccination, mais aussi l’arrivée éventuelle de nouveaux variants, qui remettraient en cause son efficacité. Et surtout quant à l’avenir, puisque nous voyons des pays, qui semblaient tirés d’affaire, reconfiner. Tout cela donne à certains l’impression d’être entrés dans une nouvelle ère : l’ère de l’incertitude. Cette incertitude peut être à certains égards, positive : elle peut par exemple encourager à respecter, même si la situation s’améliore, les mesures de protection qui restent nécessaires ; mais elle est difficile à vivre.  

Est-ce qu’il y a des moyens de la vivre mieux ?  

Cette incertitude généralisée nous fait vivre, psychologiquement, comme sur des sables mouvants, et c’est très déstabilisant. Il faut en prendre conscience, savoir que, contrairement à ce que nous pouvons imaginer, cette incertitude aura une fin ; et inventer, en attendant, des moyens de résister. En prenant appui sur tout ce qui, dans nos vies, reste sûr : les gens que nous aimons, qui ont besoin de nous, comme nous avons besoin d’eux, pour faire front ensemble. Et, au jour le jour, les petites choses de nos vies, que nous ne savions pas toujours, auparavant, apprécier à leur juste valeur, et dont le fait d’en être privés nous a fait souvent mesurer l’importance.  

Et il est important, dans cette recherche de stabilité, de ne pas oublier les enfants, qui ressentent la vacillation dans laquelle sont actuellement les adultes, et qui ont plus que jamais besoin, pour ne pas en souffrir, d’être accompagnés.                        

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