C'est dans ma tête. PMA pour toutes, une attente qui n'en finit pas

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La révision de la loi de bioéthique, qui doit permettre à toutes les femmes, l’accès à la PMA, était une promesse de campagne du candidat Macron.

Le Président Macron avait promis durant sa campagne en 2017 qu'il ferait procéder à la révision de la loi de bioéthique, qui doit permettre à toutes les femmes, l’accès à la PMA.

Cette révision a ensuite été repoussée à plusieurs reprises, mais le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, le 12 juin, que le texte allait désormais pouvoir être examiné. Nous revenons avec la psychanalyste Claude Halmos aujourd'hui, non pas sur les questions posées par l’accès à la PMA, qui ont déjà été beaucoup débattues, mais sur les conséquences de ces atermoiements.      

franceinfo : Quels sont les problèmes posés par cette mesure ? 

Claude Halmos : Il faut effectivement différencier les problèmes posés par cette mesure, de ceux qui peuvent naître du report répété de sa mise en place. Ces problèmes sont bien sûr, au premier chef, ceux des femmes qui attendent l’accès à la PMA. Les reports, qui se répètent, sont pour elles difficiles à vivre, mais difficiles aussi à admettre.

L’opposition à la PMA pour toutes, en effet, existe, même si elle n’est plus aujourd’hui majoritaire. Et elle a pour cible principale les femmes homosexuelles, puisqu’elle est le fait de gens qui continuent à considérer l’homosexualité comme une déviance, et refusent que la vie d’un enfant y soit associée. Les femmes le savent. Mais elles savent aussi que cette opposition existait déjà, au moment où la promesse a été faite. Elles comprennent donc mal que l’on continue à tergiverser.    

II y a aussi, chez les opposants, la crainte que la GPA soit autorisée ?          

Le problème de la PMA a été très clairement dissocié de celui de la GPA, qui restera interdite. Et le comité consultatif national d’éthique a rendu, à ce propos, un avis très clair. Il s’est prononcé en faveur d’un accès de toutes les femmes à la PMA, en posant que celles qui n’y avaient actuellement pas droit, se trouvaient, du fait de leur orientation, dans une souffrance, à laquelle la médecine pouvait remédier.

Mais il a maintenu son opposition à la GPA, qui porte atteinte à l’intégrité des femmes, dans leur corps, et dans leur vie affective et familiale ; et transforme l’enfant en objet d’une transaction financière. On peut donc être favorable à la PMA pour toutes, sans pour autant accepter la GPA.              

Quelles sont les conséquences des reports ?    

La gravité d’une chute est toujours proportionnelle à la hauteur d’où l’on chute. Et la mesure promise par le candidat Macron était porteuse de grands espoirs. Parce qu’en mettant les femmes homosexuelles sur le même plan que les autres, elle donnait un point d’appui pour combattre l’idée d’une anormalité de l’homosexualité, et sortir de l’exclusion. Repousser sa mise en place, est évidemment grave pour les femmes, qui ont l’impression, désespérante, que rien ne changera jamais. Et qui se retrouvent dans la position des enfants que les adultes trompent, en leur faisant des promesses qu’ils ne tiennent jamais.                

Mais c’est aussi très destructeur pour l’ensemble de la société. Parce que voir les politiques ne pas tenir parole, contribue à déconsidérer, aux yeux des citoyens, la parole politique et, au-delà, l’idée même de parole. Et donc à accroître l’influence de ceux qui préfèrent la violence au débat.      

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