C'est dans ma tête. Devenir député(e)

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Mardi et mercredi prochains, un séminaire réunira les 313 députés de "La République en marche !"

Un séminaire réunira la semaine prochaine les 313 députés de "La République en Marche !". Il a pour but de mettre fin aux maladresses et aux "couacs" qui ont eu lieu depuis que ces députés ont été élus. Ces "couacs" semblent montrer qu’il n’est pas facile de devenir député.

Pourquoi n'est-il pas facile de devenir député ? 

La difficulté est due, pour l’essentiel, au fait qu’être député, c’est occuper une fonction. Et qu’occuper une fonction est toujours difficile. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’exercer un métier. Un métier qu’il faut apprendre, ce qui demande toujours du travail et du temps. Mais de l’exercer en représentant autre chose et plus que soi-même. Monsieur ou Madame Dupont, députés, ne représentent pas seulement l’homme ou la femme qu’ils sont. Ils représentent les électeurs qui les ont élus, le parti auquel ils appartiennent et la République elle-même. Ce dont atteste l’écharpe tricolore qu’on leur remet.          

Et le fait de représenter plus que soi-même, c’est difficile ? 

C’est difficile d’abord dans la réalité, parce que cela impose des obligations.
À partir du moment où l’on représente les électeurs, son groupe, la République, on ne s’appartient plus tout à fait. Parce que l’on est - ou en tout cas on devrait être -  à leur service. Et puis cela impose aussi des privations, des restrictions de liberté : on ne peut plus dire ou faire n’importe quoi. Parce que ce que l’on dit ou fait engage son parti et sa fonction et rejaillit sur l’image que le public peut avoir de ce parti et de cette fonction. La perte de confiance en la politique que manifestent, du fait des scandales qui ont eu lieu, les électeurs, le prouve.

C’est également difficile à vivre sur le plan psychologique 

Pour quelles raisons ? Parce qu’occuper une fonction suppose d’avoir à la fois la conscience de ce que l’on est et la conscience de ce que l’on représente, et d’articuler les deux. Ce qui n’est jamais simple, et oblige toujours à naviguer entre deux écueils. Le premier est de nier sa fonction : "Peu importe ce que je représente, je dis et je fais ce que j’ai envie de faire".

Et le second est de se confondre avec cette fonction (et le pouvoir qu’elle donne) en s’en pensant propriétaire, alors que l’on n’en est que locataire. Et en s’imaginant que l’on a tous les droits et aucun compte à rendre à la République et aux électeurs. Et c’est vrai pour toutes les fonctions : la conduite d’un parent, par exemple, ne peut pas être seulement dictée par ses envies et ses sentiments. Parce qu’il doit prendre en compte l’intérêt de son enfant et le devoir qu’il a de l’éduquer.      

Qu’est-ce qui peut aider une personne qui occupe une fonction ?    

Je crois qu’il faut qu’elle puisse s’appuyer sur ce que l’on pourrait appeler une éthique de sa fonction. C’est-à-dire sur un ensemble de repères, de règles, d’idéaux, qui peuvent lui servir de cadre et de garde-fous. Et sur un groupe capable de soutenir cette éthique, de la soutenir elle-même et de la rappeler à l’ordre quand elle dérape.  

Vous êtes à nouveau en ligne