C'est dans ma tête. 2021 : des voeux en mode Covid

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Le 31 décembre 2020 ne sera décidément pas comme les précédents. Le couvre-feu va quelque peu empêcher les traditionnels mouvements de population et même de foule. Alors qu'allons-nous nous souhaiter pour l'année prochaine ? On en parle avec la pychanalyste Claude Halmos. 

Jeudi prochain, 31 décembre, le traditionnel réveillon ne pourra pas être, du fait du couvre-feu, ce qu’il est d’habitude, mais le Covid n’empêchera pas les vœux. Pourtant, beaucoup de gens s’interrogent sur ce que l’on peut se souhaiter, dans une telle situation, et si cela a encore un sens d’échanger des vœux. On évoque cette question avec la psychanalyste Claude Halmos. 

franceinfo : Que peut représenter, dans la période que nous traversons, cette tradition des vœux ? 

Claude Halmos : Je vais peut-être vous étonner, mais je pense que la situation que nous traversons rend les vœux particulièrement importants, et peut même nous permettre de modifier la conception que nous en avons.

La tradition des vœux est souvent vécue, on le sait, comme une obligation (que les enfants, d’ailleurs, ont parfois du mal à comprendre) ; et cela la vide souvent de son sens.Or, elle peut, cette année, retrouver du sens. Parce que, comme nous avons tous, par rapport à la situation, des souhaits semblables, l’échange des vœux, au lieu d’être seulement formel, peut devenir un moment de mise en commun, et de solidarité, qui ait une fonction revigorante.

Que peut-on alors, se souhaiter ?

On peut faire d’abord des vœux pour le monde. Ce que l’on ne fait pas souvent, parce que l’on a le sentiment que "le monde", c’est loin. Or la pandémie, en nous montrant que ni les virus, ni les moyens de les combattre ne peuvent s’arrêter aux frontières, vient de nous prouver à quel point nous dépendons du monde.

On peut donc souhaiter au monde que les problèmes – climatiques, économiques et sanitaires – qui le maltraitent, fassent cette année, moins de dégâts, et surtout s’arrêtent le plus vite possible. Et ce genre de vœux est plus important qu’il n’y paraît, parce que nous sommes tous tellement écrasés par un présent trop lourd que toute perspective d’avenir est un point d’appui.

Et des vœux pour soi ?

Il y a bien sûr les vœux habituels pour que ce que désirent, pour leur vie personnelle ou professionnelle, ceux à qui on les présente, se réalise. C’est aussi une façon de les aider à se projeter dans un avenir. Avec évidemment, une mention spéciale pour les vœux de "bonne santé" qui sont sans doute ceux qui retrouvent, cette année, pour des raisons évidentes, le plus de sens.

Et puis je pense surtout qu’il faut se souhaiter, mutuellement, d’arriver à trouver, à inventer, chacun, la façon de vivre le mieux (ou du moins, le moins mal) possible l’épreuve que nous traversons. C’est particulièrement difficile pour ceux dont la vie est bouleversée parce qu’ils ont perdu un proche, ou parce qu’ils risquent de perdre leur emploi, ou leur entreprise.

Mais cela suppose, pour nous tous, d’une part de garder en tête, en permanence, que cette épreuve, même si elle nous semble sans fin, aura une fin (et le vaccin d’ailleurs nous en rapproche). Et d’autre part, en attendant, d’essayer de mettre au jour le jour dans nos vies, même quand ça ne va pas, un peu de rire, de tendresse, de rêve (on se souhaite la réouverture des lieux de culture…), et d’échange avec les autres. Bonne année à tous !

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