C'est comment ailleurs ? Le financement politique en Suisse

Alors que l’affaire Bygmalion rebondit avec un possible procès de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2012, comment se passe le financement politique en Suisse, le pays où il n'y a pas de règle en la matière ?   

La Suisse est le seul pays d'Europe où il n'existe pas au niveau fédéral de financement public de la vie politique et où il n'y a pas de règles de transparence. Dans ce pays d'argent, on considère que le financement des partis et des campagnes électorales relève de la sphère privée et non de l'Etat.

Argent privé

Les pouvoirs publics ne donnent rien en Suisse, alors que l'Allemagne a été une des première à introduire le financement public en 1959 et que la France elle été une des dernière à le faire en 1989.

Les hommes politiques suisses se tournent donc vers le privé et beaucoup d'argent est dépensé. Les dernières élections fédérales en 2015 ont battu un record avec une estimation de 28 millions de francs suisse dépensés rien qu'en affiches et en pub télé, dans ce pays qui ne compte que huit millions d'habitants. 

Sans limite et sans odeur

Sur un tableau comparatif entre pays européens, il y a «non» sur toutes les cases qui correspondent à la Suisse. "Non" dans la colonne "divulgation des comptes de campagne", dans la colonne "limitation des dons de particuliers". Il n’y a pas de limite non plus pour les dons des entreprises, les dons venus de l'étranger et pas de limitation de dépense en général.

Critiques

Ce système opaque est notamment dénoncé par "Transparency international" qui lutte contre la corruption. L’organisation estime que les habitudes de la vie politique suisse favorisent les dons venus de personnes douteuses et la dépendance des partis politique vis à vis de riches groupes d'intérêts.

Initiative suisse pour plus de transparence

Si les Suisses sont habitués à ne rien se savoir de l'argent qui irrigue leur vie publique, des femmes politiques socialiste, écologiste et du centre-droit ont récemment lancé une campagne de signatures pour demander plus de transparence.

L’initiative populaire demande la publication des comptes des partis, des campagnes électorales et la déclaration des dons supérieurs à 10.000 francs suisse, ce qui correspond à 9.000 euros. La fixation d’une somme relativement élevée a pour but d’éviter trop de travail bureaucratique sur les petits dons, comme 100 euros.

En France, rappelons-le, un particulier ne peut pas donner plus de 7.500 euros et tout don supérieur à 150 euros doit être réglé par chèque.

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