C'est comment ailleurs ? La production de lait en Allemagne

Alors que la crise du lait frappe les éleveurs français, l'Allemagne, premier producteur européen, n'échappe pas aux difficultés. 

En Allemagne, le lait n'est pas produit à la même échelle qu'en France. Il est produit dans des structures plus grandes, particulièrement dans le nord du pays avec des fermes usines automatisées qui ont servi de modèle à la ferme des 1.000 vaches en France. 

Qu’elle soit une ferme usine ou une ferme traditionnelle, une exploitation moyenne en Allemagne compte une centaine de vaches, contre une soixantaine en France. Grâce à cet effet de volume, les coûts de production sont moins élevés.

Par ailleurs, les produits laitiers comme les fromages sont moins diversifiés en Allemagne et demandent moins de manipulation qu'en France. Là-aussi, les coûts sont moins élevés.      

L’Allemagne produit trop 

Mais avec la fin des quotas laitiers en mars 2015, beaucoup d'éleveurs allemands ont augmenté leur production, alors qu'avant la fin des quotas, ils étaient contraints à une production plus limitée sous peine de sanctions en cas de dépassement. Au bout du compte, depuis la fin des quotas, la production allemande aurait grimpé de 6% environ. 

L’Allemagne a moins de débouchés

Dans le même temps, la demande de lait a reculé. Alors que l’Allemagne exporte la moitié de son lait, l'embargo contre Moscou l’empêche de vendre aux Russes, qui étaient de gros clients. Par ailleurs, la demande chinoise a baissé alors que le marché se développait fortement ces dernières années. 

Prix en baisse et pertes en hausse  

Avec une production en hausse et des clients moins nombreux, la loi de l’offre et de la demande entraine une baisse des prix en Allemagne aussi. Les prix ont reculé d'environ un quart en deux ans. Les éleveurs produisent maintenant à perte. Le prix de vente du lait ne couvre qu'un tiers des coûts de production en Allemagne, ce qui n'est pas viable.   

Aides d’urgence

Il a fallu aider les éleveurs allemands. Le gouvernement fédéral a promis 100 millions d'aides à la filière en mai 2016 et l'Union européenne a débloqué cet été 58 millions d'euros pour l'Allemagne. (50 millions la France).

En tout cas, sans ces aides, des milliers de producteurs sont menacés de disparaitre en Allemagne puisque 30% d'entre eux rencontrent actuellement des gros soucis de trésorerie.

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