C'est comment ailleurs ? Les syndicats aux Etats-Unis

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Alors que cinq syndicalistes risquent de la prison avec sursis dans l’épisode de la chemise arrachée d’Air France, quel est le poids des syndicats aux Etats-Unis, où il ne fait pas bon avoir sa carte ? 

Aux Etats-Unis, le taux de syndicalisation est faible, comme en France (12% des salariés, contre 11% en France) et seulement 7% dans le secteur privé (9% en France). Mais à la différence de la France, il est bien plus difficile d'être syndiqué aux Etats-Unis. Et il existe un combat de tous les jours entre les entreprises et les syndicats.

Les syndicats en milieu hostile depuis longtemps

Il y a eu des périodes où les syndicats étaient interdits aux Etats-Unis, considérés comme criminels et conspirateurs. Mais pendant la grande dépression des années 30, le président Roosevelt a mis en œuvre une législation pour reconnaitre les syndicats et leur donner des droits.

Reste que les employeurs ont contre attaqué en permanence, et en 1947, le Congrès majoritairement républicain a voté une loi qui a affaibli la législation Roosevelt et amoindri les droits des syndicats. En fait, les syndicats font face en permanence aux offensives des lobbies d'employeurs et des lois.

La loi contre les syndicats

Sur le plan de la loi, il faut savoir qu'il existe dans la moitié des Etat américains ce qu'on appelle une "Right to work law", littéralement une "loi pour le droit à travailler" qui limite considérablement les syndicats. Résultat, dans l'Etat de Caroline du Nord, seulement 1,6% des salariés sont syndiqués.

Les lobbies aussi

Les lobbies des employeurs agissent avec des bataillons d'avocats en direction des membres du Congrès pour qu'ils votent contre toute hausse de salaire minimum.

Il organisent également des campagnes de dénigrement des syndicats sur internet en racontant que ces organisations ont une mauvaise influence sur les entreprises, les consommateurs et qu'ils sont responsables des délocalisations. 

Grands syndicats à l’image corporatiste

Il y a actuellement deux grandes fédérations qui regroupent la plupart des syndicats : AFL-CIO et Change to win.  

Aux Etats-Unis, l'intérêt d'être dans un syndicat est d'avoir un meilleur salaire que les autres employés, une meilleure protection sociale, une convention collective, alors qu’en France tout le monde est logé à la même enseigne.

Cela a donné aux syndicats américains une image corporatiste, qui gèrent surtout les acquis d'un petit nombre de salariés.